13 - LA VALORISATION ÉNERGÉTIQUE DE LA BIOMASSE
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De toutes les réactions précédentes, il résulte que le biogaz, finalement produit,
est composé majoritairement de méthane, CH 4 , pour 50 à 70%, et de dioxyde de
carbone, CO 2 .
Il faut cependant noter que ces réactions sont lentes et que la fraction de matière
transformée ne concerne que 10 à 15% environ de la masse initiale.
Les 85 à 90% résiduels doivent encore être pris en compte pour élimination ou
stockage définitif.
Il n'y a donc pas un biogaz unique et bien défini mais des biogaz de compositions
et caractéristiques différentes selon la nature des éléments soumis à la décomposition et selon les conditions et les paramètres réactionnels.
La composition du biogaz peut varier au cours du temps, en fonction de l'évolution
de la qualité du réactant et de sa température ou de son degré hygrométrique.
De plus, la présence simultanée d'H 2 S, de CO 2 et d'eau rend le biogaz corrosif et
réduit généralement les applications à une utilisation, in situ et immédiate, par voie
de combustion.
Les matières susceptibles d'être utilisées pour la production de biogaz sont généralement des déchets ou résidus de l'industrie ou de la civilisation urbaine, pour
lesquels les voies traditionnelles d'élimination sont de plus en plus mises en cause
pour des raisons environnementales :
les déchets urbains et ménagers, dont la part s'accroît sans cesse et qui, avec
45 millions de tonnes, s'échelonnent suivant les lieux entre 0,5 et 1 t par habitant
et par an ;
environ la moitié de ces déchets est l'objet d'une valorisation laborieuse qui
n'évite pas tous les risques de pollution (dioxines) et compense partiellement
les frais occasionnés par leur collectage et leur élimination (incinération 40%,
compostage 6,5%, recyclage 6%) ;
l'autre moitié est mise en décharge ;
les boues de l'industrie papetière ou résultant de l'épuration des eaux usées sont
de moins en moins acceptées en épandage sur les terres agricoles ;
certains déchets de l'agriculture, et notamment les déjections animales souvent
concentrées dans de grands centres d'élevage intensif, sont devenus des points
critiques pour la filière agroalimentaire.
La valorisation énergétique de ces matières, souvent très humides et à faible pouvoir calorifique, n'est guère possible que par la filière de production de biogaz.
On peut ainsi rendre pratiquement inertes les résidus ultimes que l'on peut alors
stocker sans risque et, ce faisant, on récupère un combustible dont l'usage contribue à lutter contre l'effet de serre. De ce point de vue, le méthane est, en effet,
vingt fois plus nuisible que le gaz carbonique et l'énergie obtenue par combustion
se substitue à l'utilisation de fluides fossiles.
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