11 - LES EFFETS SANITAIRES DES COMBUSTIBLES FOSSILES
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en plus épineuse. Avec la technique actuelle des réacteurs à eau bouillante ou sous
pression, c’est la disposition de l’uranium enrichi qui risque de poser problème.
Cette question est intimement liée à celle de la prolifération. Les puissances nucléaires actuelles pourraient ne pas accepter la généralisation des usines de séparation d’isotopes. L’exemple récent de l’Irak montre bien que la disponibilité d’uranium
enrichi peut devenir un casus belli. En ce qui concerne la ressource en uranium
naturel proprement dite, il est très peu probable qu’elle donne lieu à des conflits
car elle a peu d’importance dans le prix de l’électricité nucléaire et est relativement
abondante, avec une production qui pourrait augmenter rapidement. Dans l’hypothèse de réacteurs surgénérateurs, la question de la rareté de la ressource ne se
posera même plus. Là encore, les conflits possibles seraient liés à la question de
la prolifération et donc relativement indépendants de la production d’électricité.
11.2. RISQUES SANITAIRES COMPORTEMENTAUX
ET ENVIRONNEMENTAUX
Si l’on omet la question du contrôle des sources d’énergie discutée ci-dessus, il
faut encore considérer les dégâts humains causés par l’exploitation des mines et
des puits, les accidents dus aux explosions et incendies, les émissions polluantes.
Il faut toutefois rappeler que la production 1 d’énergie ne fait pas que causer des
morts et des maladies, elle est un facteur capital pour l’état de santé général de la
population. Un raisonnement de type coûts-avantages est toujours nécessaire si
l’on veut se forger une idée valable de l’intérêt de la production d’énergie. En particulier, un tel raisonnement montre que la valeur d’usage (l’utilité réelle) du kilowattheure ou de la tep est très différente dans un contexte d’extrême rareté, comme
dans de nombreux pays pauvres et dans un contexte d’abondance, comme dans
les pays développés. La même quantité d’énergie peut ainsi servir à actionner la
pompe d’un puits fournissant de l’eau, indispensable à la vie, ou à laisser en veille
un poste de télévision ou un ordinateur personnel, pratique dont l’intérêt est pour
le moins discutable.
Enfin, il est éclairant de replacer les effets éventuellement nocifs de la production
d’énergie dans un contexte plus général des risques que nous courons du fait
de notre comportement ou de notre environnement. Ceci est possible grâce, par
exemple, aux rapports de l’Organisation Mondiale de la Santé dont nous résumons
ici quelques conclusions du rapport 2002 2 . Le tableau I donne une estimation du
1 Nous conserverons ici le vocable habituel de production d’énergie alors qu’il serait plus correct,
comme le montre R. BALIAN, d’utiliser le terme de transformation d’une forme d’énergie (chimique
par exemple) dans une autre (chaleur et électricité par exemple).
2 The World Health Report 2002. World Health Organisation : http://www.who.ch/
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