7 - QUEL AVENIR POUR LES COMBUSTIBLES FOSSILES ?
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La fourniture d'électricité est essentiellement assurée à partir de charbon et de gaz,
en particulier dans les mégapoles de quelques millions à quelques dizaines de millions d'habitants, sauf pour quelques pays où l'énergie nucléaire constitue un apport
important. Les énergies renouvelables (en dehors de l'hydraulique) ne semblent pas
être capables de répondre, dans un avenir proche, à une telle demande, en raison
de son ampleur et de sa concentration.
7.2. UN AVENIR INCERTAIN
L'énergie primaire actuellement commercialisée dans le monde représente environ 9 Gtep (milliards de tonne équivalent pétrole) par an ; elle est constituée à 90%
par des combustibles fossiles dont les hydrocarbures, pétrole et gaz, représentent
les deux tiers, soit 5,4 Gtep. Le charbon fournit le dernier tiers. Le pétrole et le gaz
sont considérés, de fait, « comme des énergies de bouclage » dans toutes les prévisions à moyen terme, pour équilibrer la demande des divers secteurs de l'économie. Leur production atteindrait ainsi 7 à 9 Gtep en 2020, pour une demande globale d'énergie primaire de 13 à 15 Gtep. Dans une telle perspective, la moitié des
réserves prouvées de pétrole, évaluées actuellement à 145 Gt, sera consommée
entre 2000 et 2020, ainsi qu'un tiers de celles de gaz naturel [13], environ 150 Gtep
actuellement.
Les réserves de charbon sont probablement cinq à dix fois plus élevées, mais
posent des problèmes accrus d'environnement (doublement des émissions de CO 2
quand on remplace du gaz naturel par du charbon). Il est déjà probable que des pays
comme la Chine et l'Inde, modérément riches en hydrocarbures, mais bien dotés
en charbon, baseront largement, et de façon légitime, leur développement sur cette
ressource locale. Dans 20 ans, ces deux pays produiront autant de CO 2 que les
émissions actuelles cumulées de l'Europe et de l'Amérique du Nord.
Globalement, dans un scénario de « laisser-faire », où chaque pays et chaque acteur
économique font librement leurs choix, on peut estimer que les émissions de CO 2
dans l'atmosphère augmenteront constamment. Exprimées en quantité de carbone,
ces émissions passeraient de 8 Gt/an actuellement à 12 Gt/an en 2020.
Les projections à plus long terme évoquent une demande annuelle d'énergie de 18
à 25 Gtep en 2050, dont 8 à 12 Gtep seraient attendues du pétrole et du gaz. Les
réserves actuellement prouvées de pétrole ne suffiraient pas à satisfaire une telle
demande ; celles de gaz permettraient juste d'atteindre cette date. Même l'hypothèse d'un plafonnement des consommations mondiales à partir de 2020, soit 7 à
9 Gtep/an (c'est-à-dire une diminution sévère de la demande des pays industrialisés, parallèle à l'augmentation de celle des pays en développement) nécessiterait,
pour atteindre la fin du siècle, un accroissement des réserves par une mobilisation
des ressources ultimes, qui ne sont pas actuellement considérées comme des
réserves prouvées.
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La fourniture d'électricité est essentiellement assurée à partir de charbon et de gaz,
en particulier dans les mégapoles de quelques millions à quelques dizaines de millions d'habitants, sauf pour quelques pays où l'énergie nucléaire constitue un apport
important. Les énergies renouvelables (en dehors de l'hydraulique) ne semblent pas
être capables de répondre, dans un avenir proche, à une telle demande, en raison
de son ampleur et de sa concentration.
7.2. UN AVENIR INCERTAIN
L'énergie primaire actuellement commercialisée dans le monde représente environ 9 Gtep (milliards de tonne équivalent pétrole) par an ; elle est constituée à 90%
par des combustibles fossiles dont les hydrocarbures, pétrole et gaz, représentent
les deux tiers, soit 5,4 Gtep. Le charbon fournit le dernier tiers. Le pétrole et le gaz
sont considérés, de fait, « comme des énergies de bouclage » dans toutes les prévisions à moyen terme, pour équilibrer la demande des divers secteurs de l'économie. Leur production atteindrait ainsi 7 à 9 Gtep en 2020, pour une demande globale d'énergie primaire de 13 à 15 Gtep. Dans une telle perspective, la moitié des
réserves prouvées de pétrole, évaluées actuellement à 145 Gt, sera consommée
entre 2000 et 2020, ainsi qu'un tiers de celles de gaz naturel [13], environ 150 Gtep
actuellement.
Les réserves de charbon sont probablement cinq à dix fois plus élevées, mais
posent des problèmes accrus d'environnement (doublement des émissions de CO 2
quand on remplace du gaz naturel par du charbon). Il est déjà probable que des pays
comme la Chine et l'Inde, modérément riches en hydrocarbures, mais bien dotés
en charbon, baseront largement, et de façon légitime, leur développement sur cette
ressource locale. Dans 20 ans, ces deux pays produiront autant de CO 2 que les
émissions actuelles cumulées de l'Europe et de l'Amérique du Nord.
Globalement, dans un scénario de « laisser-faire », où chaque pays et chaque acteur
économique font librement leurs choix, on peut estimer que les émissions de CO 2
dans l'atmosphère augmenteront constamment. Exprimées en quantité de carbone,
ces émissions passeraient de 8 Gt/an actuellement à 12 Gt/an en 2020.
Les projections à plus long terme évoquent une demande annuelle d'énergie de 18
à 25 Gtep en 2050, dont 8 à 12 Gtep seraient attendues du pétrole et du gaz. Les
réserves actuellement prouvées de pétrole ne suffiraient pas à satisfaire une telle
demande ; celles de gaz permettraient juste d'atteindre cette date. Même l'hypothèse d'un plafonnement des consommations mondiales à partir de 2020, soit 7 à
9 Gtep/an (c'est-à-dire une diminution sévère de la demande des pays industrialisés, parallèle à l'augmentation de celle des pays en développement) nécessiterait,
pour atteindre la fin du siècle, un accroissement des réserves par une mobilisation
des ressources ultimes, qui ne sont pas actuellement considérées comme des
réserves prouvées.
