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Bernard TISSOT
7.3. LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE PERMETTRA-T-ELLE
DE RECULER CES LIMITES ?
Dans la suite de cette présentation, nous tenterons d'évaluer jusqu'où les apports
de la science et de la technologie pourront reculer les limites de l'exploitation du
pétrole et du gaz. On peut penser que la même réflexion sur le charbon n'est pas
aussi urgente, puisque ses réserves sont beaucoup plus élevées que celles d'hydrocarbures et que le charbon est, de loin, le plus fort émetteur de gaz à effet de serre
parmi les combustibles fossiles.
Un effort considérable et soutenu de recherche scientifique peut seul reculer ainsi
les limites des réserves conventionnelles [1, 9, 11, 14] :
par la découverte de nouveaux gisements, ou mise en valeur de ressources considérées jusqu'ici comme inexploitables ;
par l'amélioration du taux de récupération des gisements découverts puisque, en
moyenne mondiale, seulement 35% du pétrole en place peut effectivement être
extrait, ou même par une meilleure récupération des gisements déjà exploités.
7.4. ACCROISSEMENT DES RÉSERVES
Le taux de découverte de nouveaux gisements par les puits d'exploration a déjà
beaucoup évolué, grâce aux recherches en géophysique (les méthodes de réflexion
sismique principalement), en géochimie (genèse du pétrole, migration et accumulation en gisements) et en modélisation des bassins sédimentaires. Ce taux de
découverte est passé successivement par les étapes suivantes :
une découverte sur dix forages en 1970 (géologie de surface et sismique classique) ;
une découverte sur sept forages en 1990 (géochimie, sismique numérique) ;
une découverte sur quatre forage en 2000 ; une découverte sur trois forages est
pour l'avenir une cible dont on approche dans quelques régions du monde (sismique 3D ; modélisation de bassins).
Les études géophysiques par sismique réflexion sont utilisées depuis 60 ans. Cependant, la généralisation de la sismique 3D au cours des années 1990 et les progrès
de son interprétation ont joué un rôle de premier plan dans l'accroissement spectaculaire du taux de découverte au cours des dix dernières années.
De leur côté, les progrès de la géochimie [7, 8, 10] et de la modélisation de l'évolution des bassins sédimentaires, qui en est largement issue, sont une bonne illustration de ces avancées successives depuis les années 1970. La mise en évidence
de la matière première source du pétrole et du gaz – le kérogène contenu dans les
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