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Hervé NIFENECKER
Il est intéressant de comparer les consommations de combustibles fossiles cumulées jusqu’en 2050 aux réserves actuellement reconnues. Cette comparaison est
faite dans le tableau XXII et montre que seules les réserves de charbon sont à la
hauteur des besoins. Il est vrai que l’on peut espérer que les réserves s’avèreront
plus élevées, mais il est probable que, de toute façon, de vives tensions apparaîtront sur le prix du gaz et du pétrole, et donc que le charbon sera économiquement favorisé par rapport aux autres sources fossiles. Quand on sait que des pays
comme la Chine, les USA et l’Inde disposent de grandes réserves de charbon et
seront les principaux consommateurs d’énergie en 2050, on peut en conclure que,
parmi les scénarios A, le scénario A2 est le plus probable.
Tableau XXII - Prévision des consommations cumulées
de combustibles fossiles jusqu’en 2050
Consommations cumulées de 1990 à 2050 [Gtep]
A1
A2
A3
B
C1
C2
Réserves 1990
Charbon
200
275
158
194
125
123
540
Pétrole
300
260
245
220
180
180
146
Gaz
210
211
253
196
181
171
133
4.6.7. VARIANTES « NUCLÉAIRES » DES SCÉNARIOS IIASA
Aucun des scénarios de l’IIASA ne fait appel au nucléaire de façon massive, alors
qu’une telle politique serait plus facile, techniquement, à mettre en œuvre qu’un
recours important aux énergies renouvelables. Cette timidité à l’égard du nucléaire
est, sans aucun doute, liée à des considérations politiques et idéologiques et à la
volonté de ne pas trop choquer l’opinion des antinucléaires, tout en maintenant
l’option nucléaire ouverte. C’est une caractéristique qui est partagée par tous les
scénarios retenus par le GIEC, par exemple. Il est d’autant plus intéressant d’étudier des scénarios dans lesquels les seules limites à l’emploi du nucléaire seraient
d’ordre technique et économique : nécessité d’un niveau technologique suffisant
des pays le mettant en œuvre, croissance raisonnable du parc. Une telle approche
a été suivie dans un article [5]. Nous avons refait ici les calculs pour les trois scénarios A2, B et C2 en supposant qu’en 2050 les fossiles n’étaient plus utilisés ni pour
la production d’électricité, ni pour la production de chaleur (sauf pour le charbon en
Chine et en Inde pour 30% de la valeur retenue dans les scénarios IIASA, et pour
le gaz en Russie avec le même facteur de réduction). Nous avons considéré alors
deux variantes selon qu’une partie du pétrole, utilisé pour les transports, était (A2H,
BH, C2H) ou non (A2N, BN, C2N) remplacé par de l’hydrogène.
Le tableau XXIII résume le résultat de ces calculs en ce qui concerne la production
de CO 2 et la production d’électricité nucléaire.
Hervé NIFENECKER
Il est intéressant de comparer les consommations de combustibles fossiles cumulées jusqu’en 2050 aux réserves actuellement reconnues. Cette comparaison est
faite dans le tableau XXII et montre que seules les réserves de charbon sont à la
hauteur des besoins. Il est vrai que l’on peut espérer que les réserves s’avèreront
plus élevées, mais il est probable que, de toute façon, de vives tensions apparaîtront sur le prix du gaz et du pétrole, et donc que le charbon sera économiquement favorisé par rapport aux autres sources fossiles. Quand on sait que des pays
comme la Chine, les USA et l’Inde disposent de grandes réserves de charbon et
seront les principaux consommateurs d’énergie en 2050, on peut en conclure que,
parmi les scénarios A, le scénario A2 est le plus probable.
Tableau XXII - Prévision des consommations cumulées
de combustibles fossiles jusqu’en 2050
Consommations cumulées de 1990 à 2050 [Gtep]
A1
A2
A3
B
C1
C2
Réserves 1990
Charbon
200
275
158
194
125
123
540
Pétrole
300
260
245
220
180
180
146
Gaz
210
211
253
196
181
171
133
4.6.7. VARIANTES « NUCLÉAIRES » DES SCÉNARIOS IIASA
Aucun des scénarios de l’IIASA ne fait appel au nucléaire de façon massive, alors
qu’une telle politique serait plus facile, techniquement, à mettre en œuvre qu’un
recours important aux énergies renouvelables. Cette timidité à l’égard du nucléaire
est, sans aucun doute, liée à des considérations politiques et idéologiques et à la
volonté de ne pas trop choquer l’opinion des antinucléaires, tout en maintenant
l’option nucléaire ouverte. C’est une caractéristique qui est partagée par tous les
scénarios retenus par le GIEC, par exemple. Il est d’autant plus intéressant d’étudier des scénarios dans lesquels les seules limites à l’emploi du nucléaire seraient
d’ordre technique et économique : nécessité d’un niveau technologique suffisant
des pays le mettant en œuvre, croissance raisonnable du parc. Une telle approche
a été suivie dans un article [5]. Nous avons refait ici les calculs pour les trois scénarios A2, B et C2 en supposant qu’en 2050 les fossiles n’étaient plus utilisés ni pour
la production d’électricité, ni pour la production de chaleur (sauf pour le charbon en
Chine et en Inde pour 30% de la valeur retenue dans les scénarios IIASA, et pour
le gaz en Russie avec le même facteur de réduction). Nous avons considéré alors
deux variantes selon qu’une partie du pétrole, utilisé pour les transports, était (A2H,
BH, C2H) ou non (A2N, BN, C2N) remplacé par de l’hydrogène.
Le tableau XXIII résume le résultat de ces calculs en ce qui concerne la production
de CO 2 et la production d’électricité nucléaire.
