ont toutefois un avantage sur leurs aînés : ils
comprennent mieux comment la plante agit sur
l'organisme et peuvent établir des dosages très précis,
qui prennent en compte les éventuels effets secondaires,
et savent sous quelle forme administrer la plante.
Les recherches actuelles s'orientent vers l'emploi
traditionnel des plantes avec l'espoir de trouver de
nouveaux traitements pour les problèmes de santé
de toutes sortes. C'est ainsi que le groseillier indien
(Emblica offidnalis, p. 204) semble protéger le foie contre
le cancer, abaisser la cholestérolémie et qu'il peut se
montrer efficace pour soigner la pancréatite, tandis
que le thym {Thymus vulgaris, p. 143) est un puissant
antioxydant qui peut prévenir les carences en acides gras
essentiels du cerveau et ralentir le vieillissement.
LES PLANTES MÉDICINALES
ET L'INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE
Les plus grandes firmes pharmaceutiques savent que les
forêts tropicales, les champs et les haies abritent des sources
potentielles de médicaments précieux. Elles investissent
d'importants capitaux pour trouver de nouvelles substances
chimiques afin de les commercialiser. Le taxol et le
taxotère, extraits respectivement de l'if du Pacifique {Taxus
brevifolia, p. 275) et de l'if européen (Taxus baccata), les
traitements les plus utilisés contre le cancer du sein, ont été
mis au point de cette façon. La recherche dans ce domaine
devient automatique et les entreprises pharmaceutiques
auront bientôt la possibilité d'étudier environ 2 millions
de substances chimiques par semaine.
On peut donc s'attendre à de remarquables
découvertes. L'approche des multinationales
pharmaceutiques pose toutefois un problème de fond : ces
firmes veulent exploiter des extraits de
substances tirées des plantes qui
'^ ;
puissent être synthétisées, donc
^ ^js^ brevetées. En détenant un brevet,
.^•^ '"^
une entreprise escompte réaliser
J/r"' ' ^A
de gros bénéfices,
et amortir l'investissement
initial consacré
à la recherche.
Or, les plantes sont
des entités
naturelles qui ne
peuvent pas
a priori faire l'objet de
brevets. Si une société
pharmaceutique trouvait
une plante comme le
millepertuis, qui se
révélerait plus efficace et
De récentes analyses cliniques ont confirmé
que l'utilisation du millepertuis contre la fatigue
nerveuse et la dépression est tout à fait justifiée.
plus saine qu'un
médicament, elle préférerait
créer des médicaments
synthétiques plutôt
qu'une préparation naturelle.
LA SYNERGIE
DES PLANTES
C'est le terme de synergie
qui est le plus approprié
pour distinguer
la phytothérapie de la
médecine conventionnelle.
Lorsqu'on utilise la plante
entière plutôt que ses
principes actifs isolés, ses
différentes parties agissant
ensemble sont plus efficaces
qu'un dosage équivalent du principe actif extrait de
la plante utilisé par la médecine conventionnelle.
La châtaigne australienne
de la baie Moreton pourra-t-elle
servir à combattre le sida ?
De plus en plus, les chercheurs révèlent que
des plantes telles que l'éphédra (Ephedra sinica, p. 97),
l'aubépine (Crataegus oxyacantha, p. 90), le ginkgo
(Ginkgo biloba, p. 102) ou le muguet {Convallaria majalis,
p. 194) donnent lieu à des usages inattendus grâce
à la combinaison naturelle des principes actifs contenus
dans la plante entière. Dans certains cas, la valeur
médicinale d'une plante est due à la synergie de
ses diverses substances. Un ou même plusieurs principes
actifs isolés ne permettent pas d'obtenir le même résultat.
LA PHYTOTHERAPIE A-T-ELLE UN AVENIR ?
La phytothérapie continuera-t-elle à être appréciée à sa
juste valeur, c'est-à-dire comme un large éventail de
traitements équilibrés, sains, économiques et écologiques,
ou ne sera-t-elle qu'une nouvelle activité économique
devant impérativement générer des bénéfices immédiats ?
Convaincre les milieux médicaux, généralement
sceptiques, que la phytothérapie n'est pas seulement un
substitut marginal à la médecine conventionnelle mais
bien une forme de médecine efficace est une autre affaire.
Au début des années 1990, une étude a montré l'effet
de certaines plantes chinoises sur des patients souffrant
d'eczéma. Ainsi, l'ajout d'une seule plante chinoise aux
dix autres contenues dans une préparation a provoqué
une amélioration de l'état de santé d'un patient
jusqu'alors insensible au traitement. Des progrès de cette
nature ont été obtenus en adaptant les soins aux besoins
des patients et en traitant les causes des maladies. Cette
approche est très éloignée de la conception défendue par
la médecine moderne, selon laquelle, pour une maladie
donnée, il n'existe qu'un seul traitement.
En associant savoir traditionnel et acquis de la science,
l'exemple chinois aidant, on peut envisager le moment
où un patient choisira le traitement qui lui est approprié.
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