LE DÉVELOPPEMENT DE LA PHYTOTHÉRAPIE
EN EUROPE
Malgré les diversités régionales, l'usage des plantes
médicinales en Europe est très enraciné dans
la tradition. Aujourd'nui, les plantes sont de plus en
plus appréciées et, dans certains pays, elles sont utilisées
autant par la médecine conventionnelle que par des herboristes qualifiés.
CHACUNE DES GRANDES TRADITIONS HERBORISTES a développé
une doctrine originale pour rendre compte de la maladie. La tradition
européenne repose principalement sur la théorie des « quatre humeurs »
qui régna jusqu'au XVII
e siècle. On la doit à Galien (131-201),
originaire de Pergame et médecin personnel de l'empereur romain
Marc Aurèle. C'est en soignant les gladiateurs de sa ville natale
que Galien apprit l'anatomie et les meilleurs remèdes hémostatiques
et cicatrisants. Il rédigea des centaines d'ouvrages et, pendant plus de
1 500 ans, son influence sur la médecine européenne a été considérable.
LA THEORIE DES QUATRE HUMEURS
Galien développa ses idées en s'appuyant sur les écrits d'Hippocrate
(460-377 av.J.-C.) et d'Aristote (384-322 av.J.-C.), qui, eux-mêmes,
s'étaient inspirés des conceptions égyptiennes et indiennes.
Développant la croyance selon laquelle le monde était composé
de quatre éléments - le feu, l'air, la terre et l'eau —, Hippocrate
attribua aux plantes différentes propriétés : chaude, sèche, froide
et humide. Aristote approfondit et confirma la théorie des quatre
humeurs, selon laquelle, quatre principaux fluides - ou humeurs —
circulent dans l'organisme : le sang, la bile, l'atrabile et la pituite
(ou phlegme). La présence de ces quatre humeurs en quantités égales
dans l'organisme était considérée comme «idéale». Cependant,
une ou deux d'entre elles prédominent chez la plupart des êtres
humains, déterminant ainsi des tempéraments ou caractères spécifiques.
Par exemple, l'excès de bile produit un caractère bilieux, souvent
emporté, ambitieux et vindicatif et un teint jaunâtre. Galien croyait
également que le pneuma (principe spirituel) était absorbé à chaque
inspiration et se transformait en «souffle vital» dans l'organisme.
La vitalité et la santé dépendent du juste équilibre entre les quatre
humeurs, les quatre éléments et l'union intime avec le pneuma inspiré.
L'INFLUENCE DES HERBORISTES CLASSIQUES
Deux autres auteurs classiques influencèrent profondément
la tradition herboriste européenne. Avec son De materia medica,
fondé sur l'observation de près de 600 plantes, le Grec
Dioscoride (40-90 ), chirurgien dans l'armée romaine,
rédigea un ouvrage de référence très précis sur les plantes
médicinales. A la même époque, Pline l'Ancien (23-79)
compila les travaux de plus de 400 auteurs dans son
Histoire naturelle, recensant, entre autres, tous les
herbiers de son temps. L'une des plantes les plus
intéressantes mentionnées par ces deux auteurs
est la mandragore (Mandragora officinarum,
p. 231). Avec sa racine fourchue qui lui confère
———— Teinture
de valériane
Millepertuis
(Hypencum
perforatum,
p 104).
Astringente et
antivirale, cette
plante est
largement utilisée
comme
antidépresseur
en Europe
— Huile de
millepertuis
Millepertuis
——— séché
—————— Valériane
(Valenana
ofïicmahs, p 146}
Plante indiquée en
cas de nervosité.
Verge d'or
(Solidago virgaaurea. o 271)
aurea, p 271)
Plante aux propriétés
astringentes et
diurétiques, utilisée
pour les maux de
'orge et les catarrhes
Souci
fCalendula
officmahs, p 73)
Apprécié depuis les
temps /es plu^ reculés
pour son action antîinjliimmatcfire et
cicatrisante
Pétales de souci
des jardins,
frais et secs
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