LES REMÈDES NATURELS
EN TOUTE SÉCURITÉ
LA POPULARITÉ DES REMÈDES à base de plantes repose en partie sur leur
innocuité et sur les faibles effets secondaires qu'ils peuvent entraîner.
Mais, comme tout médicament, il faut les prescrire avec discernement.
QUELS SONT LES RISQUES ?
Généralement, si l'on respecte les règles de
prescription des remèdes
phytothérapeutiques, tout ce que l'on
risque, c'est que telle ou telle plante
n'apporte pas les bienfaits escomptés.
Néanmoins, il arrive que certaines espèces
de plantes médicinales soient nocives.
Certaines autres peuvent être contre -
indiquées avec l'emploi de médicaments
conventionnels.
Dans de très rares circonstances, des
personnes sont tombées gravement malades,
voire ont perdu la vie, après avoir absorbé
des plantes médicinales. Ces cas
exceptionnels s'expliquent en général par
le fait que les règles de sécurité concernant
l'usage de remèdes phytothérapeutiques
n'ont pas été respectées.
S'il vous arrivait de souffrir de complications
après avoir utilisé une plante médicinale,
arrêtez d'en prendre, consultez un
phytothérapeute ou votre médecin sans
attendre.
LES PROBLÈMES POSSIBLES
La plante a été mal identifiée.
Quand vous achetez une plante, en règle
générale, elle a déjà subi les contrôles
nécessaires. En revanche, si vous récoltez
des plantes sauvages, vous devez vérifier ce
que vous ramassez. Par exemple, il est facile
de confondre la seneçon-jacobée (Senecio
jacobaea), très toxique pour le foie, avec le
millepertuis (Hypericum perforatum, p. 108).
Les deux plantes produisent des bouquets
de fleurs jaune vif en été.
La plante a été mal utilisée. Il est très
important d'employer la bonne partie de la
plante. En effet, pour certaines espèces, seule
une partie de la plante possède des propriétés
médicinales alors que le reste peut être nocif.
Par exemple, le tubercule de la pomme de
terre (Solanum tuberosum, p. 270-271)
constitue une source de nourriture agréable
et nutritive (sauf quand il est vert), alors que
le reste de la plante est fortement toxique.
Des ingrédients de mauvaise qualité
ont été utilisés ou la plante a été
mal conservée. Si vous préparez vos
propres remèdes, suivez les méthodes
de conservation et de préparation
recommandées (voir La récolte et la
conservation, p. 288-289). Si vous achetez des
plantes, suivez les conseils d'achat exposés
au chapitre sur la qualité (voir p. 17).
Un mauvais remède phytothérapeutique
a été choisi. Vous éviterez ce risque en
n'ayant recours qu'à des plantes réputées
et connues pour ne traiter que les maux
pour lesquelles elles sont habituellement
recommandées. Le gingembre (Zingiber
officinale, p. 155) et l'acore vrai (Acoms
calamus, p. 57) sont tous deux prescrits
en cas de nausées et d'indigestions, mais
le gingembre est plus efficace lorsqu'il est
employé seul. C'est un remède réputé contre
le mal des transports et les nausées matinales.
Contrairement à l'acore vrai, il n'entraîne
pas d'effets secondaires.
Le remède phytothérapeutique
interfère avec d'autres médicaments.
Les remèdes préparés à base de plantes étant
des médicaments en soi, il se peut qu'ils
présentent des interactions avec des produits
conventionnels. Par exemple, le millepertuis
accélère la vitesse de désagrégation par le foie
des substances médicamenteuses comme
certains antibiotiques, antiépileptiques et
L'angélique chinoise
a la propriété de
fluidifier le sang.
Elle est contreindiquée avec les
anticoagulants
conventionnels
comme la
warfarine.
immunosuppresseurs. L'efficacité de ces
médicaments s'en trouvant réduite, le risque
peut être fatal. Il est également déconseillé
de prendre du millepertuis en même temps
que d'autres antidépresseurs. D'autres
plantes, comme le ginkgo (Ginkgo biloba,
p. 102) et l'angélique chinoise (Angelica
sinensis, p. 63), interfèrent avec des
médicaments anticoagulants comme la
warfarine et l'héparine, destinés à prévenir
l'épaississement du sang. Si les remèdes
phytothérapeutiques que l'on prend
contiennent de ces plantes, ils interféreront
avec les anticoagulants et augmenteront le
risque d'hémorragies internes et externes.
Annoncez toujours à votre médecin quels
remèdes vous employez. Si vous prenez des
médicaments prescrits par votre médecin, il
est toujours sage de vous renseigner auprès
de lui avant de commencer à prendre des
remèdes à base de plantes.
Le remède employé provoque une
réaction allergique. En général, les
réactions allergiques aux plantes résultent
du contact avec elles ou de l'inhalation de
leur pollen ou de la poussière lorsqu'il s'agit
d'une herbe pulvérisée. Certaines plantes
sont réputées provoquer des dermatoses
de contact, comme la rue (Ruta graveolens,
p. 264). Les personnes qui redoutent ce
genre de réaction ne devraient pas y toucher.
Certaines plantes pulvérisées, comme le
tilleul (Tilia spp, p. 276), peuvent provoquer
des crises de rhinite. Dans d'autres cas, les
remèdes à base de plantes peuvent entraîner
des réactions allergiques à l'intérieur de
l'organisme. Si vous êtes enclin aux allergies,
n'hésitez pas à consulter un phytothérapeute
compétent avant de récolter des plantes qui
ne vous sont pas familières.
Un autre traitement est nécessaire. Les
remèdes phytothérapeutiques ne sont pas la
panacée. Si vous souffrez d'une maladie aiguë
ou que vous vous êtes blessé, si vous êtes
gravement malade ou n'arrivez pas à vous
rétablir après avoir pris un remède à base de
plantes, consultez un médecin sans tarder.
La seneçon-jacobée
est une plante
toxique que l'on
confond souvent avec
le millepertuis à cause
de ses fleurs jaunes.
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EN TOUTE SÉCURITÉ
LA POPULARITÉ DES REMÈDES à base de plantes repose en partie sur leur
innocuité et sur les faibles effets secondaires qu'ils peuvent entraîner.
Mais, comme tout médicament, il faut les prescrire avec discernement.
QUELS SONT LES RISQUES ?
Généralement, si l'on respecte les règles de
prescription des remèdes
phytothérapeutiques, tout ce que l'on
risque, c'est que telle ou telle plante
n'apporte pas les bienfaits escomptés.
Néanmoins, il arrive que certaines espèces
de plantes médicinales soient nocives.
Certaines autres peuvent être contre -
indiquées avec l'emploi de médicaments
conventionnels.
Dans de très rares circonstances, des
personnes sont tombées gravement malades,
voire ont perdu la vie, après avoir absorbé
des plantes médicinales. Ces cas
exceptionnels s'expliquent en général par
le fait que les règles de sécurité concernant
l'usage de remèdes phytothérapeutiques
n'ont pas été respectées.
S'il vous arrivait de souffrir de complications
après avoir utilisé une plante médicinale,
arrêtez d'en prendre, consultez un
phytothérapeute ou votre médecin sans
attendre.
LES PROBLÈMES POSSIBLES
La plante a été mal identifiée.
Quand vous achetez une plante, en règle
générale, elle a déjà subi les contrôles
nécessaires. En revanche, si vous récoltez
des plantes sauvages, vous devez vérifier ce
que vous ramassez. Par exemple, il est facile
de confondre la seneçon-jacobée (Senecio
jacobaea), très toxique pour le foie, avec le
millepertuis (Hypericum perforatum, p. 108).
Les deux plantes produisent des bouquets
de fleurs jaune vif en été.
La plante a été mal utilisée. Il est très
important d'employer la bonne partie de la
plante. En effet, pour certaines espèces, seule
une partie de la plante possède des propriétés
médicinales alors que le reste peut être nocif.
Par exemple, le tubercule de la pomme de
terre (Solanum tuberosum, p. 270-271)
constitue une source de nourriture agréable
et nutritive (sauf quand il est vert), alors que
le reste de la plante est fortement toxique.
Des ingrédients de mauvaise qualité
ont été utilisés ou la plante a été
mal conservée. Si vous préparez vos
propres remèdes, suivez les méthodes
de conservation et de préparation
recommandées (voir La récolte et la
conservation, p. 288-289). Si vous achetez des
plantes, suivez les conseils d'achat exposés
au chapitre sur la qualité (voir p. 17).
Un mauvais remède phytothérapeutique
a été choisi. Vous éviterez ce risque en
n'ayant recours qu'à des plantes réputées
et connues pour ne traiter que les maux
pour lesquelles elles sont habituellement
recommandées. Le gingembre (Zingiber
officinale, p. 155) et l'acore vrai (Acoms
calamus, p. 57) sont tous deux prescrits
en cas de nausées et d'indigestions, mais
le gingembre est plus efficace lorsqu'il est
employé seul. C'est un remède réputé contre
le mal des transports et les nausées matinales.
Contrairement à l'acore vrai, il n'entraîne
pas d'effets secondaires.
Le remède phytothérapeutique
interfère avec d'autres médicaments.
Les remèdes préparés à base de plantes étant
des médicaments en soi, il se peut qu'ils
présentent des interactions avec des produits
conventionnels. Par exemple, le millepertuis
accélère la vitesse de désagrégation par le foie
des substances médicamenteuses comme
certains antibiotiques, antiépileptiques et
L'angélique chinoise
a la propriété de
fluidifier le sang.
Elle est contreindiquée avec les
anticoagulants
conventionnels
comme la
warfarine.
immunosuppresseurs. L'efficacité de ces
médicaments s'en trouvant réduite, le risque
peut être fatal. Il est également déconseillé
de prendre du millepertuis en même temps
que d'autres antidépresseurs. D'autres
plantes, comme le ginkgo (Ginkgo biloba,
p. 102) et l'angélique chinoise (Angelica
sinensis, p. 63), interfèrent avec des
médicaments anticoagulants comme la
warfarine et l'héparine, destinés à prévenir
l'épaississement du sang. Si les remèdes
phytothérapeutiques que l'on prend
contiennent de ces plantes, ils interféreront
avec les anticoagulants et augmenteront le
risque d'hémorragies internes et externes.
Annoncez toujours à votre médecin quels
remèdes vous employez. Si vous prenez des
médicaments prescrits par votre médecin, il
est toujours sage de vous renseigner auprès
de lui avant de commencer à prendre des
remèdes à base de plantes.
Le remède employé provoque une
réaction allergique. En général, les
réactions allergiques aux plantes résultent
du contact avec elles ou de l'inhalation de
leur pollen ou de la poussière lorsqu'il s'agit
d'une herbe pulvérisée. Certaines plantes
sont réputées provoquer des dermatoses
de contact, comme la rue (Ruta graveolens,
p. 264). Les personnes qui redoutent ce
genre de réaction ne devraient pas y toucher.
Certaines plantes pulvérisées, comme le
tilleul (Tilia spp, p. 276), peuvent provoquer
des crises de rhinite. Dans d'autres cas, les
remèdes à base de plantes peuvent entraîner
des réactions allergiques à l'intérieur de
l'organisme. Si vous êtes enclin aux allergies,
n'hésitez pas à consulter un phytothérapeute
compétent avant de récolter des plantes qui
ne vous sont pas familières.
Un autre traitement est nécessaire. Les
remèdes phytothérapeutiques ne sont pas la
panacée. Si vous souffrez d'une maladie aiguë
ou que vous vous êtes blessé, si vous êtes
gravement malade ou n'arrivez pas à vous
rétablir après avoir pris un remède à base de
plantes, consultez un médecin sans tarder.
La seneçon-jacobée
est une plante
toxique que l'on
confond souvent avec
le millepertuis à cause
de ses fleurs jaunes.
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