AUJOURD'HUI ET DEMAIN
Des médicaments comme les antibiotiques symbolisent pour ses contemporains la médecine
du XX' siècle. Cette dernière a également amélioré ses méthodes de diagnostic et recourt à
des instruments de haute technologie. Cependant, combien seront surpris d'apprendre que
la phytothérapie reste la médecine la plus répandue dans le monde... et même en Occident!
DANS LES ANNÉES 1930, les médecins et les pharmaciens
prescrivaient ou vendaient environ 90 % de produits
à base de plantes. Ce n'est qu'au cours des cinquante
dernières années que les médicaments conçus en
laboratoire se sont imposés. Ainsi, pendant la Première
Guerre mondiale, on se servait encore de l'ail {AÏlium
sativum, p. 59) et de la sphaigne des tourbières
(Sphagnum cymbifolium) pour panser les blessures
et soigner les infections. Recueillie dans les marais,
c'est un pansement aseptique naturel. L'ail est un
excellent antibiotique naturel;
c'était également le meilleur
désinfectant disponible
à l'époque.
SCIENCE ET MEDECINE
La mise au point de
nouveaux médicaments
— artificiels ou extraits de
plantes médicinales —
en laboratoire rappelle
le début du XIX
e siècle,
Louis Pasteur a été le premier lorsque les chimistes isolent
à découvrir le rôle des bactéries, des composants tels que
la morphine, à partir du pavot
(Papaver somniferum, p. 243), ou la cocaïne, à partir du
coca (Erythroxylum coca, p. 206). Dès lors, les chimistes
réussissent à déterminer comment les substances
chimiques extraites des plantes agissent sur l'organisme
et à comprendre le fonctionnement du corps. Vers 1860,
des biologistes - dont Louis Pasteur (1822-1895) -
identifient les micro-organismes responsables de maladies
infectieuses telles que la malaria ou la tuberculose.
Leur objectif était de trouver des soins qui
agiraient en attaquant directement les micro-organismes
infectieux pour guérir l'organisme. Finalement,
leurs recherches ont abouti à la découverte, ou à la
redécouverte pour être plus exact, de la pénicilline par
plusieurs d'entre eux, dont Alexander Fleming (18811955) en 1929. Mais si, au XX
e siècle, les chercheurs
furent les premiers à établir scientifiquement l'existence
de substances antibiotiques, ils ne furent pas les premiers
à les employer. En Egypte, au temps des pharaons,
au Pérou, au XIV
e siècle, et, plus récemment encore,
en Europe, on cultivait des moisissures antibiotiques
pour combattre les infections.
Après la Seconde Guerre mondiale, avec la mise
en vente des antibiotiques commence une nouvelle ère.
On pense, en effet, que l'infection va être définitivement
vaincue et que des maladies mortelles comme la syphilis,
la pneumonie ou la tuberculose ne seront plus
les principales causes de décès dans les pays développés.
La médecine moderne met également au point d'autres
médicaments très efficaces, comme les stéroïdes antiinflammatoires, et les scientifiques pensent que
l'on découvrira prochainement une parade à la plupart
des maladies humaines.
INFLUENCE DE LA MEDECINE CONVENTIONNFT T F
A mesure que les Etats-Unis et l'Europe développent
les médicaments chimiques qui permettent dans la
plupart des cas une guérison rapide, l'opinion publique
est convaincue que la phytothérapie est illusoire et
démodée. Progressivement, la prescription des
médicaments chimiques prend le pas sur les remèdes
à base de plantes. Simultanément, les pays en voie
de développement abandonnent les soins par les plantes
pour adopter ceux que propose la médecine occidentale.
Les autorités médicales sont en grande partie
responsables de cet état de fait, car, pour elles,
la phytothérapie symbolise le retour aux superstitions
passées. Dans de nombreux pays, des organismes officiels
détiennent le monopole de l'exercice de la médecine.
Ainsi en est-il de l'Ordre des médecins en France, créé
en 1945, et d'organismes équivalents en Belgique,
en Suisse, en Espagne, au Canada. Dans plusieurs pays
occidentaux, la phytothérapie
sombre progressivement
dans l'oubli.
RENVERSEMENT
DE TENDANCE
En dépit des résultats
spectaculaires obtenus
par l'allopathie,
'•.
la médecine classique
connaît aussi des échecs.
L'affaire de la thalidomid'
en est un dramatique
_, ""^K^y
T- ^^,-,
Plasmodium au microscope
exemple. En 1962,
électronique. Transmis
en Allemagne et en
a l'homme par des moustiques,
Grande-Bretagne,
ce parasite est responsable de la malaria.
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Des médicaments comme les antibiotiques symbolisent pour ses contemporains la médecine
du XX' siècle. Cette dernière a également amélioré ses méthodes de diagnostic et recourt à
des instruments de haute technologie. Cependant, combien seront surpris d'apprendre que
la phytothérapie reste la médecine la plus répandue dans le monde... et même en Occident!
DANS LES ANNÉES 1930, les médecins et les pharmaciens
prescrivaient ou vendaient environ 90 % de produits
à base de plantes. Ce n'est qu'au cours des cinquante
dernières années que les médicaments conçus en
laboratoire se sont imposés. Ainsi, pendant la Première
Guerre mondiale, on se servait encore de l'ail {AÏlium
sativum, p. 59) et de la sphaigne des tourbières
(Sphagnum cymbifolium) pour panser les blessures
et soigner les infections. Recueillie dans les marais,
c'est un pansement aseptique naturel. L'ail est un
excellent antibiotique naturel;
c'était également le meilleur
désinfectant disponible
à l'époque.
SCIENCE ET MEDECINE
La mise au point de
nouveaux médicaments
— artificiels ou extraits de
plantes médicinales —
en laboratoire rappelle
le début du XIX
e siècle,
Louis Pasteur a été le premier lorsque les chimistes isolent
à découvrir le rôle des bactéries, des composants tels que
la morphine, à partir du pavot
(Papaver somniferum, p. 243), ou la cocaïne, à partir du
coca (Erythroxylum coca, p. 206). Dès lors, les chimistes
réussissent à déterminer comment les substances
chimiques extraites des plantes agissent sur l'organisme
et à comprendre le fonctionnement du corps. Vers 1860,
des biologistes - dont Louis Pasteur (1822-1895) -
identifient les micro-organismes responsables de maladies
infectieuses telles que la malaria ou la tuberculose.
Leur objectif était de trouver des soins qui
agiraient en attaquant directement les micro-organismes
infectieux pour guérir l'organisme. Finalement,
leurs recherches ont abouti à la découverte, ou à la
redécouverte pour être plus exact, de la pénicilline par
plusieurs d'entre eux, dont Alexander Fleming (18811955) en 1929. Mais si, au XX
e siècle, les chercheurs
furent les premiers à établir scientifiquement l'existence
de substances antibiotiques, ils ne furent pas les premiers
à les employer. En Egypte, au temps des pharaons,
au Pérou, au XIV
e siècle, et, plus récemment encore,
en Europe, on cultivait des moisissures antibiotiques
pour combattre les infections.
Après la Seconde Guerre mondiale, avec la mise
en vente des antibiotiques commence une nouvelle ère.
On pense, en effet, que l'infection va être définitivement
vaincue et que des maladies mortelles comme la syphilis,
la pneumonie ou la tuberculose ne seront plus
les principales causes de décès dans les pays développés.
La médecine moderne met également au point d'autres
médicaments très efficaces, comme les stéroïdes antiinflammatoires, et les scientifiques pensent que
l'on découvrira prochainement une parade à la plupart
des maladies humaines.
INFLUENCE DE LA MEDECINE CONVENTIONNFT T F
A mesure que les Etats-Unis et l'Europe développent
les médicaments chimiques qui permettent dans la
plupart des cas une guérison rapide, l'opinion publique
est convaincue que la phytothérapie est illusoire et
démodée. Progressivement, la prescription des
médicaments chimiques prend le pas sur les remèdes
à base de plantes. Simultanément, les pays en voie
de développement abandonnent les soins par les plantes
pour adopter ceux que propose la médecine occidentale.
Les autorités médicales sont en grande partie
responsables de cet état de fait, car, pour elles,
la phytothérapie symbolise le retour aux superstitions
passées. Dans de nombreux pays, des organismes officiels
détiennent le monopole de l'exercice de la médecine.
Ainsi en est-il de l'Ordre des médecins en France, créé
en 1945, et d'organismes équivalents en Belgique,
en Suisse, en Espagne, au Canada. Dans plusieurs pays
occidentaux, la phytothérapie
sombre progressivement
dans l'oubli.
RENVERSEMENT
DE TENDANCE
En dépit des résultats
spectaculaires obtenus
par l'allopathie,
'•.
la médecine classique
connaît aussi des échecs.
L'affaire de la thalidomid'
en est un dramatique
_, ""^K^y
T- ^^,-,
Plasmodium au microscope
exemple. En 1962,
électronique. Transmis
en Allemagne et en
a l'homme par des moustiques,
Grande-Bretagne,
ce parasite est responsable de la malaria.
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