européens. Ce n'est pas surprenant, étant donné
la grande variété de plantes médicinales disponibles
sur le sol américain, telles que l'échinacée (Echinacea
angustifolia, p. 94),l'hydraste du Canada (Hydrastis
canadensis, p. 107) et la lobélie (Lobelia inflata, p. 112).
Les colons européens ont appris beaucoup
en observant les pratiques indigènes. Au XIX
e et au
début du XX
e siècle, au fur et à mesure que les pionniers
avancent vers l'ouest, la liste des plantes médicinales
s'allonge. En plus des trois espèces mentionnées
ci-dessus, près de 170 plantes indigènes ont été
répertoriées dans la «Pharmacopée des Etats-Unis».
SAMUEL THOMSON ET SES DISCIPLES
La lobélie était avec le piment de Cayenne (Çapsicum
fmtescens, p. 74) l'une des plantes que préconisait le plus
souvent Samuel Thomson (1769-1843), un herboriste
aux méthodes peu orthodoxes. Il développa une
approche très simple, aux antipodes des pratiques
médicales en vigueur à l'époque (voir En Amérique
du Nord, p. 50). Sa médecine, que l'on peut qualifier
de première méthode de naturopathie (des traitements
uniquement fondés sur l'emploi des plantes et d'aliments
naturels, et sur l'exposition au soleil et à l'air pur), fait
des millions d'adeptes à travers l'Amérique du Nord.
Le succès de Thomson diminua avec l'apparition
d'autres approches plus élaborées, telles que l'éclectisme,
la physiologie, l'ostéopathie (traitement fondé sur la
manipulation des os) et la chiropraxie (une méthode
similaire limitée aux vertèbres).
DES INFLUENCES OCCIDENTALES SUR
LA MEDECINE ASIATIQUE
En Chine, la méthode Thomson aurait
été considérée avec un peu de surprise,
tout en étant déjà familière. Dans
la médecine chinoise, il s'agit
de déterminer dans la maladie
ce qui provient respectivement
du froid ou du chaud.
Le Shanghanlun (sur les maladies
dues au froid) rédigé au II
e siècle
apr.J.-C., révisé et
inlassablement commenté
depuis, recommande la
cannelle (Cinnamomum
verum, p. 84) comme
remède principal lorsque
le patient «tremble de
fièvre, respire lourdement
et souffre d'un état
Le ginseng est utilisé comme
tonique par les médecins chinois
depuis au moins 5 000 ans.
nauséeux». Au XIV
e siècle,Wang Lu distingue les
maladies causées par le froid des maladies fébriles et
les soigne différemment. Cette distinction a été reprise
plus précisément par divers herboristes chinois jusqu'au
XIX
e siècle.
Au début du siècle dernier, la médecine occidentale
commence à influencer les pratiques traditionnelles
en Chine et en Inde. Ce phénomène a été bénéfique
à bien des égards. L'assimilation judicieuse des principes
scientifiques par la phytothérapie traditionnelle rend
les traitements plus efficaces.
En Inde, alors sous domination britannique, la
médecine occidentale s'affirme finalement comme
l'unique alternative. L'Ayurveda est considéré comme
inférieur à la médecine moderne (voir En Inde, p. 39).
Les pratiques occidentales n'ont pas été introduites poui
compléter la médecine traditionnelle mais plutôt pour
la supplanter. «Avant 1835, les médecins occidentaux
et leurs homologues hindous échangeaient leurs
connaissances; ensuite, la médecine occidentale
est devenue la seule valable, et les systèmes orientaux
tombèrent en désuétude. » (Robert Svoboda, Ayurveda,
vie, santé et longévité, 1992).
En Chine, la diffusion des idées occidentales a eu
des conséquences moins traumatisantes. De plus en plus
les étudiants chinois s'initient à la médecine occidentale
sans que cela ait ralenti l'usage des plantes médicinales.
En fait, les Chinois reconnaissent à chaque tradition des
avantages et des inconvénients.
LA PHYTOTHÉRAPIE EN EUROPE
A la fin du XVIII
e siècle, le commerce de l'herboristerie
commence à être réglementé. En 1778, la Faculté
de médecine de Paris décerne le premier diplôme
d'herboriste à un certain Edmée Gillot. Vingt-cinq ans
plus tard, la loi du 21 germinal an XI (1803) autorise
l'exercice de la profession d'herboriste après obtention
d'un diplôme délivré par la faculté de pharmacie
à la suite d'un examen portant sur la connaissance
des plantes médicinales. Dans la seconde moitié
du XIX
e siècle, la médecine moderne tente d'établir
son monopole. En France, le diplôme d'herboristerie
a été supprimé en 1941. Il subsiste une liste restreinte
de 34 plantes pouvant être vendues librement dont
7 pouvant être mélangées. La vente de toutes
les autres plantes est soumise à certaines conditions.
D'autre part, en Espagne, en Italie et dans certains Etats
américains, il est devenu illégal de pratiquer
l'herboristerie sans qualification.
La médecine par les plantes doit être exercée par des
médecins. Les herboristes qui fourniraient des plantes
médicinales à leurs patients afin de leur venir en aide
s'exposent à des amendes sévères ou à des peines
d'emprisonnement pour « exercice illégal de la
médecine ».
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