pouvait être évitée en mangeant des légumes verts
frais, et des fruits, et que l'absence de ces denrées dans
l'alimentation était responsable du scorbut. Ces travaux
constituent un bel exemple de ce que l'on peut faire en
associant une approche scientifique à la connaissance des
plantes.
ISOLER LES SUBSTANCES CHIMIQUES
La découverte des vertus de la digitale pourprée
(Digitaîis pwpurea, p. 201) est un autre exemple
d'une importante avancée médicale due à
la connaissance traditionnelle des plantes.
Le D
r William Withering (1741-1799),
un médecin féru de plantes médicinales,
commence à étudier la digitale pourprée
après avoir trouvé une recette de famille
suivie pour soigner la rétention d'eau
(hydropisie). Il découvre également que,
dans certaines régions d'Angleterre, la
digitale pourprée est employée depuis
longtemps pour traiter cette maladie,
souvent révélatrice d'une faiblesse
cardiaque. En 1785, il publie son
Rapport sur la digitale pourprée, dans
lequel il démontre comment les
puissants (parfois même
dangereux) principes actifs de
la digitale pourprée, connus de
, nos jours sous le terme de
glucosides cardiaques, sont
efficaces contre la rétention
d'eau. Cependant, malgré
cet exemple précis d'alliance
entre la médecine par les
plantes et la méthode
scientifique, la médecine
prit une tout autre
direction au cours
du XIX
e siècle.
LE LABORATOIRE
CONTRE LA NATURE
A partir du début du
XIX
e siècle, les laboratoires
de chimie supplantent Mère
Nature en produisant des
médicaments.
En 1803, des alcaloïdes
narcotiques sont extraits du pavot
à opium (Papaver somniferum, p. 243).
L'année suivante, on extrait
Au XVlir siècle, le médecin William Withering
a établi que la digitale pourprée avait la propriété
de redonner du tonus à un cœur affaibli.
Le pavot, originaire d'Asie, produit une résine aux effets narcotiques qui
peut être fumée. Son principe actif majeur, la morphine, a été isolé pour
la première fois en laboratoire en 1803 et sert toujours d'analgésique.
l'inuline de l'aunée officinale {Inula helenium, p. 109).
En 1838, l'acide salicylique, un précurseur chimique
de l'aspirine, est extrait du saule blanc (Salix alba, p. 129).
Il sera synthétisé en laboratoire pour la première fois
en 1860. A partir de cette date, la phytothérapie et la
médecine suivent des voies différentes. L'aspirine, une
formule chimique, est créée en Allemagne en 1899.
Mais ce n'est encore qu'un premier pas. L'influence
des universités, des écoles de médecine et des
laboratoires étant encore limitée, la phytothérapie reste
la forme de traitement prédominante dans le monde.
DE NOUVELLES FRONTIÈRES,
DE NOUVELLES PLANTES MÉDICINALES
Aux XVIII
e et XIX
e siècles, les Européens s'installent
en Amérique, en Afrique du Sud et en Australie —
où les remèdes à base de plantes européennes sont
introuvables ou trop chers. Les colons s'intéressent
alors aux vertus thérapeutiques des plantes indigènes.
Par exemple, en Afrique du Sud, les descendants
des Européens découvrent les propriétés diurétiques
du buchu (Barosma betulina, p. 71). Quant aux colons
australiens, ils constatent les remarquables propriétés
antiseptiques de l'arbre à thé {Melaleuca alternifolia,
p. 114) en observant les pratiques médicinales des
Aborigènes. De son côté, la phytothérapie en usage
au Mexique est le produit d'un mélange des traditions
aztèques, mayas et espagnoles.
En Amérique du Nord, les herboristes indiens
guérissaient les blessures externes et les morsures
avec beaucoup plus d'efficacité que leurs homologues
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