Le voyage de Marco Polo vers la Chine au XIV siècle a ouvert
la voie aux échanges commerciaux entre l'Orient et l'Occident
Depuis cette époque, le gingembre, la cannelle ou le clou de girofle ont
été adoptés, en Europe, aussi bien en cuisine qu'en médecine
LA RENAISSANCE
DU SAVOIR EUROPÉEN : ^-Xiy SIÈCLE
Au début du Moyen Age, les érudits européens
assimilent progressivement les leçons de la médecine
arabe Des copies de textes classiques - grecs, romains
et égyptiens - conservés dans les bibliothèques de
Constantmople (l'actuelle Istanbul) réapparaissent
en Occident, des hôpitaux, des écoles de médecine
et des universités sont fondés A cet égard,
l'établissement le plus intéressant est l'école de médecine
de Salerne, en Italie Elle accueillait non seulement des
étudiants de toute confession - chrétienne, Israélite ou
musulmane -, niais également des femmes Trotula, une
femme qui écrivit un ouvrage sur l'obstétrique, pratiqua
cette discipline et l'enseigna vers 1050 Les plantes
étaient, bien sûr, le moyen de guénson principal Un
adage de l'école de Salerne à propos de la sauge {Salvia
offianahs, p 131) s'énonçait ainsi Salvia salvatnx, riatura
conciliatnx (la sauge est salvatrice, la nature, conciliatrice)
Vers le XII
1 siècle, grâce au commerce avec l'Asie et
l'Afrique, de nouvelles plantes et épices sont importées
en Europe La célèbre mystique allemande Hildegarde
von Bmgen (1098-1179), une autorité en matière de
plantes, considérait le galanga (Alpinia officmarum,
p. 61) — employé en Asie comme épice nourrissante
pour le système digestif— comme « l'épice de vie »,
donnée par Dieu pour protéger l'organisme de la maladie
L'ASIE UNIE PAR LES MONGOLS
Les voyages vers la Chine entrepris par Marco Polo au
XIV
e siècle ont coïncidé avec l'unification de l'Asie, par
Gengis Khan et son petit-fils Kubilay Khan, qui régnent
de la mer Jaune, en Chine, à la mer Noire Cette
conquête mongole n'a en rien remis en cause les
traditions médicales chinoises ou hindoues Les Mongols
n'intervinrent, afin de se protéger, qu'en interdisant
l'usage de certaines plantes toxiques, telles que l'aconit
(Aconitum napellus, p 160) Celle-ci servait, en effet,
à empoisonner les flèches, et les souverains craignaient
qu'elle ne servît à les supprimer. L'unification mongole
semble même avoir favorisé les échanges entre les deux
« écoles » médicales
Dans d'autres régions d'Asie — auViêt Nam et au Japon —
la culture médicale chinoise eut une profonde influence
sur le kampoh, la tradition phytothérapique japonaise
LE COMMERCE INTERCONTINENTAL :
XIV-XVir SIÈCLE
Avec la diversification des voies commerciales pendant
le Moyen Age, le volume des importations de nouvelles
plantes exotiques a augmenté A partir du XV siècle,
la croissance des échanges a multiplié le nombre de plantes
nouvelles disponibles en Europe Ainsi sont apparus
le gingembre {Zmgiber officinale, p 155), la cardamome
(Elettana cardamomum, p 95), la noix de muscade
(Mynsticafragrans, p 117), le curcuma, ou safran des Indes
{Cwcuma \onga, p 92), la cannelle (Cmnamomum verum,
p. 84) et le séné (Cassia senna, p. 76). Le commerce des
plantes n'est pas à sens unique.
Page d'un herbier anglo-saxon. Ce manuscrit, datant
du milieu du xi siècle, reproduit les parties aériennes et
les racmes d'une plante médicinale
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