S/lira, le dieu hindou de la Santé, est toujours représenté sous des
feuilles de l'arbre de Bael, une plante médicinale très utilisée en Inde.
Dans le même temps, le chaman soigne les symptômes
du malade — il applique baumes et compresses sur les
blessures, il prépare des décoctions bouillantes de plantes
et d'écorce pour les traitements internes, il stimule la
transpiration lors d'états fébriles, etc. Ces soins s'appuient
sur une observation aiguë et une connaissance
approfondie des plantes, héritées de traditions orales
transmises de génération en génération.
LE DÉVELOPPEMENT DU SAVOIR MÉDICAL
Nos ancêtres avaient donc identifié un grand nombre
de plantes et remarqué leurs propriétés curatives. De fait,
jusqu'au XX
e siècle, dans chaque village quelqu'un
possédait ses propres méthodes pour l'utilisation des
plantes. Sélectionnées et testées, des plantes locales
servaient à soigner des maux bénins, sous forme de tisane,
de lotion ou d'onguent selon leur usage.
Mais comment les hommes ont-ils pu développer
ce savoir? On en ignore l'origine. Les hommes ont,
pendant des milliers d'années, observé les effets - bons
ou mauvais - provoqués par la consommation de telle
ou telle racine, baie ou feuille. Ils ont également étudié
le comportement des animaux. En observant
précisément le bétail (ovin ou bovin), ils ont décelé
les propriétés toxiques d'une plante comme lajacobée
(Senedo jacobea) ou le laurier-rosé (Nerium oleander).
Après l'analyse de ces comportements, certains en
ont déduit que les hommes, tout comme les animaux,
possèdent un instinct qui leur permet de distinguer
les plantes toxiques des plantes médicinales.
LES CIVILISATIONS ANTIQUES
Dès 3000 av.J.-C.,la civilisation s'est épanouie en Egypte,
au Moyen-Orient, en Inde et en Chine, et l'utilisation
des plantes est devenue plus élaborée. Le premier recueil
consacré aux plantes médicinales, le papyrus égyptien
Ebers, que l'on fait remonter à 1500 av.J.-C., est le plus
ancien exemple encore conservé. Il dresse l'inventaire
d'une douzaine de plantes médicinales, avec leurs modes
d'utilisation, incantations et sorts. Parmi les plantes
répertoriées, on trouve le balsamier (Commiphora molmol,
p. 88), le ricin {Ridnus communis, p. 262) et l'ail (Allium
sativum, p. 59).
En Inde, lesVeda, des poèmes épiques rédigés eux aussi
vers 1500 av.J.-C., contiennent des témoignages de la
connaissance des plantes dès cette époque. Vers 400 av.J.-C..
le Charaka Samhita succède aux Veda.
Ecrit par le médecin Charaka, ce traité
décrit avec précision quelque 350 plantes
médicinales. Parmi celles-ci, l'auteur
mentionne la khella {Ammi visnaga,
p. 62), originaire du Moyen-Orient,
qui a récemment prouvé son
efficacité dans le traitement de
l'asthme, et l'hydrocotyle asiatique
(Çentella asiatica, p. 78), qui a
longtemps servi à soigner la lèpre.
LA MÉDECINE ROMPT AVEC
SES ORIGINES MYSTIQUES
Vers 500 av.J.-C., dans les
civilisations les plus avancées, la
médecine se sépare progressivement
de l'univers magique et spirituel dans
lequel elle était engluée. Le Grec
Hippocrate (v. 460-v. 377 av.J.-C.),
surnommé le «père de la médecine»,
considérait la maladie avant tout
comme un phénomène naturel. Il fut
le premier à affirmer que l'exercice
de la médecine devait se faire sans
cérémonies ni rituels magiques.
Dans le premier texte médical '
chinois, Huang Di NeiJing, écrit
r siècle av.J.-C., l'accent est
au
clairement mis sur la médecine
rationnelle : «Pour traiter les maladies, il
Sur la joue droite
de cette figurine
péruvienne,
un renflement signale
la présence d'une
feuille de coca.
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feuilles de l'arbre de Bael, une plante médicinale très utilisée en Inde.
Dans le même temps, le chaman soigne les symptômes
du malade — il applique baumes et compresses sur les
blessures, il prépare des décoctions bouillantes de plantes
et d'écorce pour les traitements internes, il stimule la
transpiration lors d'états fébriles, etc. Ces soins s'appuient
sur une observation aiguë et une connaissance
approfondie des plantes, héritées de traditions orales
transmises de génération en génération.
LE DÉVELOPPEMENT DU SAVOIR MÉDICAL
Nos ancêtres avaient donc identifié un grand nombre
de plantes et remarqué leurs propriétés curatives. De fait,
jusqu'au XX
e siècle, dans chaque village quelqu'un
possédait ses propres méthodes pour l'utilisation des
plantes. Sélectionnées et testées, des plantes locales
servaient à soigner des maux bénins, sous forme de tisane,
de lotion ou d'onguent selon leur usage.
Mais comment les hommes ont-ils pu développer
ce savoir? On en ignore l'origine. Les hommes ont,
pendant des milliers d'années, observé les effets - bons
ou mauvais - provoqués par la consommation de telle
ou telle racine, baie ou feuille. Ils ont également étudié
le comportement des animaux. En observant
précisément le bétail (ovin ou bovin), ils ont décelé
les propriétés toxiques d'une plante comme lajacobée
(Senedo jacobea) ou le laurier-rosé (Nerium oleander).
Après l'analyse de ces comportements, certains en
ont déduit que les hommes, tout comme les animaux,
possèdent un instinct qui leur permet de distinguer
les plantes toxiques des plantes médicinales.
LES CIVILISATIONS ANTIQUES
Dès 3000 av.J.-C.,la civilisation s'est épanouie en Egypte,
au Moyen-Orient, en Inde et en Chine, et l'utilisation
des plantes est devenue plus élaborée. Le premier recueil
consacré aux plantes médicinales, le papyrus égyptien
Ebers, que l'on fait remonter à 1500 av.J.-C., est le plus
ancien exemple encore conservé. Il dresse l'inventaire
d'une douzaine de plantes médicinales, avec leurs modes
d'utilisation, incantations et sorts. Parmi les plantes
répertoriées, on trouve le balsamier (Commiphora molmol,
p. 88), le ricin {Ridnus communis, p. 262) et l'ail (Allium
sativum, p. 59).
En Inde, lesVeda, des poèmes épiques rédigés eux aussi
vers 1500 av.J.-C., contiennent des témoignages de la
connaissance des plantes dès cette époque. Vers 400 av.J.-C..
le Charaka Samhita succède aux Veda.
Ecrit par le médecin Charaka, ce traité
décrit avec précision quelque 350 plantes
médicinales. Parmi celles-ci, l'auteur
mentionne la khella {Ammi visnaga,
p. 62), originaire du Moyen-Orient,
qui a récemment prouvé son
efficacité dans le traitement de
l'asthme, et l'hydrocotyle asiatique
(Çentella asiatica, p. 78), qui a
longtemps servi à soigner la lèpre.
LA MÉDECINE ROMPT AVEC
SES ORIGINES MYSTIQUES
Vers 500 av.J.-C., dans les
civilisations les plus avancées, la
médecine se sépare progressivement
de l'univers magique et spirituel dans
lequel elle était engluée. Le Grec
Hippocrate (v. 460-v. 377 av.J.-C.),
surnommé le «père de la médecine»,
considérait la maladie avant tout
comme un phénomène naturel. Il fut
le premier à affirmer que l'exercice
de la médecine devait se faire sans
cérémonies ni rituels magiques.
Dans le premier texte médical '
chinois, Huang Di NeiJing, écrit
r siècle av.J.-C., l'accent est
au
clairement mis sur la médecine
rationnelle : «Pour traiter les maladies, il
Sur la joue droite
de cette figurine
péruvienne,
un renflement signale
la présence d'une
feuille de coca.
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