La recherche des principes
actifs extraits des plantes
est d'une importance
capitale car elle a permis
la mise au point de
médicaments essentiels.
La tubocurarine, le
relaxant musculaire le plus
puissant, est dérivée du
curare {Chondroâendron
tomentosum, p. 188) et la
morphine, l'analgésique le
plus puissant, est tirée du
pavot à opium {Papaver
somniferum, p. 243).
D'autres anesthésiants
proviennent de plantes :
la cocaïne, par exemple,
est tirée du coca
(Erythroxylum coca,
p. 206). Aujourd'hui,
les plantes sont de plus
Le ginkgo, une des plantes
médicinales les plus anciennes,
favorise la circulation du sang.
en plus utilisées par l'industrie pharmaceutique. Il est
difficile d'imaginer le monde sans la quinine (dérivée
du genre Cinchona, p. 83), qui est employée contre la
malaria, sans la digoxine (du genre Digitalis, p. 201),
qui soigne le cœur, ou encore l'éphédrine (du genre
Ephedra, p. 97), que l'on retrouve dans de nombreuses
prescriptions contre les rhumes. Ces trois plantes
ainsi que beaucoup d'autres sont largement utilisées
par la médecine classique.
L'EFFICACITÉ DES PLANTES ENTIÈRES
S'il est capital de maîtriser l'action des différents
principes actifs pris isolément, la phytothérapie,
à la différence de la médecine classique, recommande
d'utiliser la plante entière, appelée aussi «totum» plutôt
Culture déplantes médicinales au Cameroun. Pour les chercheurs,
les préparations à base de plantes entières sont des traitements plus doux
et plus efficaces que les substances chimiques isolées de la plante.
que des extraits obtenus en laboratoire. Etudier les pièces
d'une montre et réussir à en identifier les parties
essentielles ne permet pas de comprendre comment
elle fonctionne, de même que disséquer une plante
médicinale pour isoler ses principes actifs ne suffit pas
pour expliquer comment elle agit. Une plante entière
est plus efficace que la somme de ses composants. Ainsi,
des chercheurs ont démontré que les principes actifs de
nombreux végétaux, tels ceux du ginkgo (Cinkgo biloba,
p. 102), agissent de manière complexe et combinée pour
produire un effet thérapeutique global.
Les plantes contiennent des centaines, voire
des milliers de substances chimiques actives. Souvent,
déterminer en détail l'action d'une plante est très
difficile, sinon impossible - même si son effet médical
est, en revanche, bien connu. L'étude pharmacologique
des plantes entières indique qu'elles fonctionnent
comme un puzzle incomplet. En outre, bien qu'il soit
utile de connaître les principes actifs d'une plante,
cette information peut être trompeuse : ainsi, la rhubarbe
de Chine (Rheum palmatum, p. 127), dont l'action
irritante des dérivés anthracéniques sur la paroi
intestinale stimule les selles, est fréquemment employée
comme purgatif. Mais elle n'est efficace qu'à hautes
doses. A petites doses, d'autres de ses constituants
comme les tanins ont un effet plutôt astringent sur les
muqueuses intestinales. La rhubarbe de Chine produit
donc des effets contradictoires selon la quantité
absorbée : elle est laxative à des doses modérées
ou importantes, antidiarrhéique à de faibles doses.
Cet exemple démontre que l'expérience du praticien
combinée à celle du patient est souvent le guide le
plus sûr pour connaître l'effet thérapeutique des plantes
entières ; ensuite, que la valeur d'une plante médicinale
ne peut être limitée à la liste de ses principes actifs.
DES PLANTES NUTRITIVES ET CURATIVES
En général, le corps humain est bien mieux adapté à
un traitement à base de plantes qu'à une thérapeutique
exclusivement chimique. L'homme et les plantes vivent
côte à côte depuis des dizaines de milliers d'années.
Il est habitué à consommer et à digérer différentes
espèces de plantes, qui sont bien souvent appréciées
pour leurs qualités aussi bien médicinales que nutritives.
La ligne de démarcation entre les propriétés nutritives
et les propriétés curatives n'est pas toujours très nette.
Le citron, la papaye, l'oignon et l'avoine sont-ils des
aliments ou des médicaments ? En réalité, ils sont les
deux à la fois. Le citron (Çitrus limon, p. 85) prévient les
infections ; la papaye (Carica papaya, p. 183) est parfois
utilisée comme vermifuge; l'oignon (Allium cepa, p. 164)
prévient les affections des bronches ; l'avoine (Avena sativa,
p. 174) augmente l'énergie. De fait, la phytothérapie
prend tout son sens lorsque la frontière entre aliments
et médicaments disparaît.
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