qu’une proportion beaucoup plus importante
consacre tout son temps à la recherche, sans
tâches d’enseignement.
Quels sont les secteurs particulièrement
intéressés à embaucher des mathématiciens ?
Les banques et les assurances font un usage
de plus en plus intensif de compétences mathématiques ; les produits qu’elles vendent reposent souvent sur une construction mathématique qui en est tout le fondement. Mais il en
va de même d’un certain nombre d’entreprises
de haute technologie dans lesquelles l’étude
de systèmes complexes requiert une approche
mathématique, que de puissants moyens de
calcul fournis par les nouvelles générations
d’ordinateurs peuvent rendre opératoire. Ces
ouvertures nouvelles sont de nature à changer considérablement l’image des mathématiques auprès des étudiants. Cependant, elles
n’ont pas encore été complètement assimilées par l’enseignement supérieur français ; le
plus souvent, la raison en est l’inertie excessive du système éducatif, qui reste centré sur
les formations aux professions académiques.
Les mathématiciens sont confrontés
à une nouvelle donne
Ces nouveaux développements n’ont pas
été sans avoir des répercussions sur la structuration des mathématiques, tant dans les
établissements d’enseignement supérieur et
de recherche qu’au niveau des publications.
On a quelquefois présenté la situation ainsi
créée comme une bataille entre « mathématiques pures » et « mathématiques appliquées ». Cette façon de voir les choses est
injustifiée, pour au moins deux raisons. D’une
part, les exemples de situations historiques
où des mathématiques nouvelles ont été
développées à partir de sollicitations extérieures abondent ; d’autre part, les nouveaux
domaines à conquérir ne peuvent être abordés en déclarant a priori quelle partie des
mathématiques sera la clef du problème posé.
De nombreux rapprochements-surprises ont
pu être constatés, qui prouvent que la dichotomie pure/appliquée est en fin de compte
improductive. C’est dans le contexte de tension interne à la communauté mathématique
qu’est née en France, en 1983, la Société de
mathématiques appliquées et industrielles
(SMAI). Vingt ans plus tard, les deux sociétés, SMF et SMAI, ont trouvé un mode de
coopération efficace et mènent ensemble
des actions d’intérêt commun. À elles deux,
elles mobilisent plus de 3 000 personnes, dont
l’appartenance va bien au-delà de la communauté académique pour la SMAI.
La nouveauté principale vient de la possibilité d’étudier de plus en plus de systèmes
complexes grâce à l’usage de modèles de
natures diverses. La modélisation est, aujourd’hui, une démarche à laquelle on recourt souvent. Ce nouvel engouement nécessite une
réflexion plus approfondie sur les fondements,
y compris philosophiques, de cette approche.
L’une des capacités qu’il convient de développer est la confrontation du modèle à la
réalité qu’il est censé représenter.
On peut néanmoins souligner deux tendances lourdes qui se nourrissent de ces nouveaux contacts des mathématiques avec un
monde qui leur est extérieur : un regain d’importance donnée aux structures finies (structures mathématiques ne mettant en jeu
qu’un nombre fini d’éléments) et la généralisation des approches stochastiques (faisant
intervenir des processus aléatoires). Dans le
deuxième domaine, la France a remarquaLes mathématiciens en France et dans le monde
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