A la fin du XX
e siècle, on a assisté à
l’émergence de structures continentales
intermédiaires. L’exemple a été donné
par les collègues africains, qui ont créé
dès les années 1980 l’Union mathématique africaine. Sont ensuite apparues
la Société mathématique européenne
(SME), dont la gestation a été laborieuse
— à l’image de celle de l’Union européenne
— et qui regroupe depuis 1990 toutes les sociétés nationales de l’Europe géographique et
d’Israël, et l’UMALCA, qui rassemble les mathématiciens d’Amérique du sud et des Caraïbes.
Ces nouvelles structures sont nées de la volonté
de renforcer des collaborations à l’échelle d’un
sous-continent et, suivant les situations, de
disposer d’un interlocuteur représentatif face
à l’apparition d’un nouveau niveau politique
(c’est le cas pour l’Europe) ou de contrôler l’aspiration des ressources par l’Amérique du nord
(c’est le cas pour l’Amérique du sud) au lendemain de la douloureuse période des dictatures militaires.
Une présence de plus en plus large
dans l’industrie et les services
Où sont employés les mathématiciens ? La
grande nouveauté est que, de nos jours, des
mathématiciens sont présents dans de nombreux secteurs de l’industrie et des services. Il
n’y a cependant pas d’« industrie mathématique » comme il y a une industrie chimique ou
une industrie pharmaceutique. En effet, les
emplois confiés à des personnes à haute compétence mathématique portent souvent des
dénominations variables, ce qui rend difficile
le dénombrement des « mathématiciens industriels ». Une estimation récente laisse penser
qu’ils sont près de 2 000 à être employés de
cette façon en France. Ce nombre est à comparer à celui de leur contrepartie académique
(mathématiciens des universités, Grandes écoles
et organismes de recherche divers), dont on
estime l’effectif de façon beaucoup plus fiable
à environ 4 000. La ventilation de cette communauté académique entre organismes de
recherche publics et enseignement supérieur
(10 % contre 90 % environ) est un peu singulière: généralement, dans les autres disciplines
scientifiques, un choix différent a été fait, puis94
L’explosion des mathématiques
L’IHÉS (Institut des hautes études scientifiques), à Bures-surYvette en banlieue parisienne, et une discussion entre mathématiciens dans ses locaux. L’IHÉS, consacré aux mathématiques
fondamentales et à la physique théorique, est un institut de
recherche prestigieux. Il ne compte que 7 chercheurs permanents
mais accueille chaque année, pour des durées variables, quelque
200 chercheurs de toutes nationalités. Récemment, quelques-uns
de ses mathématiciens ont commencé à se pencher sur des problèmes liés à la biologie moléculaire. (Clichés IHÉS et IHÉSOutsider Agency)
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