En Asie, le récit le plus ancien d’enchères
concerne la vente des effets des moines
décédés, au VII
e siècle.
Les premières conceptualisations
des enchères étaient inadaptées,
car trop simplistes
Si les enchères remontent presque à l’aube
de l’humanité, leur conceptualisation est, elle,
beaucoup plus récente. La première œuvre
académique importante consacrée à ce sujet
est une thèse de 1955, dont l’auteur était
l’Américain L. Friedman. C’était l’une des premières thèses de recherche opérationnelle. Elle portait sur le
développement des stratégies
d’enchère par les entreprises à
l’occasion de la vente des droits
de forage pétroliers dans le Golfe
du Mexique. Il s’agissait d’enchères « au premier prix sous pli
fermé » : dans cette procédure,
les offres ne sont pas rendues
publiques et c’est l’offre la plus
élevée qui remporte les enchères.
La démarche adoptée par
Friedman consistait simplement
à rendre maximale ce qu’on
appelle l’espérance de profit. En
cas de succès, l’enchérisseur
gagne la différence (v – b) entre
son évaluation v de l’objet mis en
vente et le prix b qu’il propose
de payer. L’espérance de gain est
donc cette différence multipliée
par la probabilité P(b) de remporter l’enchère avec un tel prix,
soit (v – b)P(b). La probabilité P(b)
est a priori inconnue; mais en réalisant une analyse statistique des enchères passées, on découvre les façons d’enchérir
des concurrents ; cela permet de déterminer
une approximation de la fonction P(b), et par
suite de trouver l’enchère b* qui maximise
l’espérance de gain, c’est-à-dire telle que
(v – b*)P(b*) soit maximal.
Cette méthode, largement utilisée et raffinée de multiples façons, est toutefois extrêmement naïve. En effet, elle suppose implicitement que les autres enchérisseurs
n’élaborent pas de stratégies et que leur comportement futur peut être aisément déduit
de leur comportement passé. En 1961, le
Comment rationaliser les ventes aux enchères ?
57
La page d’accueil du site d’enchères sur Internet eBay-France.
concerne la vente des effets des moines
décédés, au VII
e siècle.
Les premières conceptualisations
des enchères étaient inadaptées,
car trop simplistes
Si les enchères remontent presque à l’aube
de l’humanité, leur conceptualisation est, elle,
beaucoup plus récente. La première œuvre
académique importante consacrée à ce sujet
est une thèse de 1955, dont l’auteur était
l’Américain L. Friedman. C’était l’une des premières thèses de recherche opérationnelle. Elle portait sur le
développement des stratégies
d’enchère par les entreprises à
l’occasion de la vente des droits
de forage pétroliers dans le Golfe
du Mexique. Il s’agissait d’enchères « au premier prix sous pli
fermé » : dans cette procédure,
les offres ne sont pas rendues
publiques et c’est l’offre la plus
élevée qui remporte les enchères.
La démarche adoptée par
Friedman consistait simplement
à rendre maximale ce qu’on
appelle l’espérance de profit. En
cas de succès, l’enchérisseur
gagne la différence (v – b) entre
son évaluation v de l’objet mis en
vente et le prix b qu’il propose
de payer. L’espérance de gain est
donc cette différence multipliée
par la probabilité P(b) de remporter l’enchère avec un tel prix,
soit (v – b)P(b). La probabilité P(b)
est a priori inconnue; mais en réalisant une analyse statistique des enchères passées, on découvre les façons d’enchérir
des concurrents ; cela permet de déterminer
une approximation de la fonction P(b), et par
suite de trouver l’enchère b* qui maximise
l’espérance de gain, c’est-à-dire telle que
(v – b*)P(b*) soit maximal.
Cette méthode, largement utilisée et raffinée de multiples façons, est toutefois extrêmement naïve. En effet, elle suppose implicitement que les autres enchérisseurs
n’élaborent pas de stratégies et que leur comportement futur peut être aisément déduit
de leur comportement passé. En 1961, le
Comment rationaliser les ventes aux enchères ?
57
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