Göttingen, lieu d’excellence
mathématique, accueille
les philosophes
Si Göttingen n’était qu’une petite ville,
près de Stuttgart, elle devient, peu après 1900,
le centre du monde mathématique. Felix Klein
est à la tête de la Faculté. Ce grand géomètre,
qui a établi de façon définitive l’existence des
espaces non euclidiens, renonce à la recherche
et se consacre à ses cours, sur le développement des mathématiques au XIX
e siècle, et à
l’administration de la Faculté, pour laquelle il
réunit de nouveaux moyens financiers. Il fait
venir Hilbert puis Hermann Minkowski. Ce dernier introduira, lors d’une leçon célèbre, le
« continuum d’espace-temps » — qui porte
son nom et qui servira de cadre à Einstein pour
formuler la théorie de la relativité. Chaque
semaine, la Société mathématique de
Göttingen se réunit autour d’un conférencier,
de Göttingen ou d’ailleurs. Husserl, le philosophe, parle en avril 1901 du problème des
imaginaires en arithmétique. Göttingen est
un lieu consacré aux mathématiques. On
raconte qu’un jour Minkowski, se promenant
dans la rue principale, vit un jeune homme
pensif, en proie à quelque tourment ; il lui
tapa gentiment sur l’épaule et lui dit : « ne
vous inquiétez pas, ça converge », sur quoi le
jeune homme s’éloigna, rassuré.
C’est à Göttingen que Hilbert mûrit la
méthode abstraite des mathématiques
modernes. La méthode abstraite est née dans
l’algèbre du XIX
e siècle. Richard Dedekind et
Leopold Kronecker, notamment, ont introduit
ce qu’on appelle des structures. On définit une
structure mathématique, comme celle de
« groupe », d’« espace vectoriel », de « corps »,
52
L’explosion des mathématiques
Un des bâtiments de mathématiques (l’Institut de mathématiques appliquées et numériques) de l’université de Göttingen, aujourd’hui.
Entre 1900 et 1930, Göttingen a été pour les mathématiques un centre de renommée mondiale, grâce aux efforts de David Hilbert. Les mathématiciens y cotoyaient des philosophes et des scientifiques d’autres disciplines. (Cliché université de Göttingen)
mathématique, accueille
les philosophes
Si Göttingen n’était qu’une petite ville,
près de Stuttgart, elle devient, peu après 1900,
le centre du monde mathématique. Felix Klein
est à la tête de la Faculté. Ce grand géomètre,
qui a établi de façon définitive l’existence des
espaces non euclidiens, renonce à la recherche
et se consacre à ses cours, sur le développement des mathématiques au XIX
e siècle, et à
l’administration de la Faculté, pour laquelle il
réunit de nouveaux moyens financiers. Il fait
venir Hilbert puis Hermann Minkowski. Ce dernier introduira, lors d’une leçon célèbre, le
« continuum d’espace-temps » — qui porte
son nom et qui servira de cadre à Einstein pour
formuler la théorie de la relativité. Chaque
semaine, la Société mathématique de
Göttingen se réunit autour d’un conférencier,
de Göttingen ou d’ailleurs. Husserl, le philosophe, parle en avril 1901 du problème des
imaginaires en arithmétique. Göttingen est
un lieu consacré aux mathématiques. On
raconte qu’un jour Minkowski, se promenant
dans la rue principale, vit un jeune homme
pensif, en proie à quelque tourment ; il lui
tapa gentiment sur l’épaule et lui dit : « ne
vous inquiétez pas, ça converge », sur quoi le
jeune homme s’éloigna, rassuré.
C’est à Göttingen que Hilbert mûrit la
méthode abstraite des mathématiques
modernes. La méthode abstraite est née dans
l’algèbre du XIX
e siècle. Richard Dedekind et
Leopold Kronecker, notamment, ont introduit
ce qu’on appelle des structures. On définit une
structure mathématique, comme celle de
« groupe », d’« espace vectoriel », de « corps »,
52
L’explosion des mathématiques
Un des bâtiments de mathématiques (l’Institut de mathématiques appliquées et numériques) de l’université de Göttingen, aujourd’hui.
Entre 1900 et 1930, Göttingen a été pour les mathématiques un centre de renommée mondiale, grâce aux efforts de David Hilbert. Les mathématiciens y cotoyaient des philosophes et des scientifiques d’autres disciplines. (Cliché université de Göttingen)
