Magistères et Grandes écoles,
tremplins vers la recherche
fondamentale
Licence, maîtrise, DEA, thèse : tel est, en
résumé, le parcours d’études conventionnel
en France pour devenir chercheur en mathématiques ; à cela s’ajoutent souvent une ou
plusieurs années de recherches post-doctorales, rémunérées à l’aide de bourses ou de
contrats à durée déterminée et parfois effectuées à l’étranger, avant que le jeune mathématicien ne réussisse à décrocher un poste
stable de chercheur ou d’enseignant-chercheur.
Ce modèle est grosso modo le même dans la
plupart des pays. C’est le type d’itinéraire
qu’ont suivi des personnes comme Andrew
Wiles, le mathématicien britannique qui est
venu à bout, en 1994, de la fameuse conjecture de Fermat.
En fait, le parcours que l’on vient de
décrire comporte plusieurs variantes ou exceptions importantes. Tout d’abord, en France,
les Grandes écoles comme les Écoles normales
supérieures et l’École polytechnique ont tendance, en mathématiques, à drainer les étudiants les plus brillants. Pour présenter les
concours d’entrée à ces établissements très
sélectifs, les candidats suivent non pas un
DEUG, mais deux (voire trois) années de
« classes préparatoires » en lycée, caractérisées par une préparation intensive et un investissement personnel plus important. Après le
concours d’entrée, les élèves normaliens s’intégrent aux deuxième puis troisième cycles
universitaires ; les élèves polytechniciens, eux,
suivent deux années de formation à l’École
polytechnique même, puis rejoignent s’ils le
souhaitent la filière universitaire au niveau
du DEA. Le passage par une École normale
supérieure ou par l’École polytechnique n’est
pas obligatoire pour qui veut devenir mathématicien ; cependant, il faut le reconnaître,
la plupart des postes de chercheurs en mathématiques fondamentales sont occupés, en
France, par d’anciens élèves normaliens ou
polytechniciens.
Par ailleurs, plusieurs universités proposent des magistères, formations d’excellence
en trois ans qui intègrent la licence, la maîtrise et un DEA, dans lesquelles les étudiants
(en bonne partie des normaliens) sont sélectionnés sur dossier après un DEUG ou une
classe préparatoire. Les futurs chercheurs ont
plutôt intérêt à suivre un magistère, plutôt
que le cursus habituel.
Signalons également qu’il existe de multiples passerelles entre les écoles d’ingénieurs
et l’université. Ainsi, les élèves des écoles d’ingénieurs peuvent, selon leurs centres d’intérêt
et leur niveau, rejoindre la filière universitaire,
pour un DEA ou pour une thèse de doctorat.
Inversement, des étudiants d’université peuvent dès la fin du DEUG et dans certaines conditions intégrer une école d’ingénieurs, voire,
ultérieurement, une Grande école.
Le profil d’ingénieur : des études
moins longues, mais aussi moins
orientées vers la recherche
Disons quelques mots des écoles d’ingénieurs, qui recrutent généralement leurs élèves
sur concours, après les classes préparatoires.
Bien qu’il s’agisse a priori de former des ingénieurs et non des chercheurs, l’enseignement
en mathématiques y est souvent de bon
niveau. Certaines de ces écoles conviennent
particulièrement à ceux qui souhaitent allier
les mathématiques et un domaine d’ingénierie
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