La génétique 151
initiale des allèles dans la population. Le gène dominant M ne prend pas le dessus
et les proportions des génotypes sont intrinsèquement stables.
Hardy insista sur le fait que son modèle n’était qu’approximatif. Sa simplicité et
son élégance découlent de nombreuses hypothèses que l’on ne rencontre pas dans
la vie réelle. La probabilité d’avoir une mutation de gène ou des changements dans
les gènes eux-mêmes n’a pas été prise en compte, et la stabilité des proportions de
transmission signifie que ce modèle ne peut rien nous apprendre sur l’évolution.
Dans la vie réelle, un « glissement génétique » se produit et les probabilités de transmission des allèles ne sont pas toujours constantes. C’est ce qui est à l’origine des
variations des proportions globales, variations qui sont elles-mêmes responsables
de l’évolution des espèces.
La loi de Hardy-Weinberg réunit la théorie de Mendel, ou « théorie quantique »
de la génétique, et la théorie de la sélection naturelle de Darwin. Il fallut attendre
le génie de R. A. Fisher pour réconcilier la théorie de Mendel de l’hérédité avec la
théorie du continu selon laquelle les caractères évoluent.
Jusqu’aux années 1950 il nous a manqué une compréhension physique du matériel génétique lui-même. Puis une grande avancée fut rendue possible par les travaux de Francis Crick, James Watson, Maurice Wilkins et Rosalind Franklin. On se
servit d’acide désoxyribonucléique appelé ADN. Les mathématiques sont nécessaires
pour modéliser la célèbre double hélice (ou paire de spirales enroulées autour d’un
cylindre). Les gènes se trouvent sur des segments de cette double hélice.
Les mathématiques sont indispensables pour étudier la génétique. À partir de la
géométrie élémentaire des spirales d’ADN et de la loi potentiellement sophistiquée
de Hardy-Weinberg, des modèles mathématiques ont été développés qui traitent de
nombreux caractères (et pas seulement la couleur des yeux) tels que les différences
sexuelles entre hommes et femmes ; on a aussi étudié le cas des accouplements non
aléatoires. La science de la génétique a en outre renvoyé l’ascenseur aux mathématiques en suggérant de nouvelles branches de l’algèbre qui présentent un intérêt
certain en raison de leurs propriétés mathématiques curieuses.
l’idée clé
Incertitude dans le pool
génétique
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