Facteurs humains et ergonomie en informatique médicale
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Les méthodes classiques de la démarche ergonomique ont été utilisées :
– l’analyse de l’activité de prescription-administration des médicaments
dans trois hôpitaux différents (un hôpital équipé de DxCare ® depuis
quelques mois et deux hôpitaux fonctionnant avec un support papier) et
sept services au total à partir d’entretiens semi-structurés des professionnels médecins et infirmiers, et d’observations de leurs activités respectives
(plus de 500 heures d’observation au total), principalement focalisées sur
(i) leurs interactions avec les dossiers médicaux et les supports de prescriptions et (ii) les échanges entre professionnels ;
– l’évaluation de l’utilisabilité de l’application : une inspection ergonomique des interfaces par trois ergonomes en aveugle à partir des critères
de l’INRIA (tableau I) et des tests utilisateurs sur site dans l’hôpital informatisé (16 heures d’enregistrements au total correspondant à 5 tours
médicaux) avec des laboratoires portatifs installés sur le chariot de soins
utilisé lors des tours médicaux pour poser l’ordinateur portable permettant d’accéder à DxCare ® . Toutes les interactions des utilisateurs avec le
système ont été enregistrées ainsi que les verbalisations émises lors des
tours médicaux.
Analyse de l’activité
Dans les services des deux hôpitaux ayant un système papier, on observe
une même organisation du travail adaptée à ce support. L’infirmier accompagne le médecin pendant le tour médical. Bien souvent, l’infirmier est celui
qui manipule le dossier patient. Il résume le cas patient au médecin et lui tend
les documents pertinents au regard des questions posées. Le médecin pratique
un examen clinique si nécessaire. Le médecin peut alors prendre sa décision
quant aux prescriptions du patient (continuer, diminuer, arrêter ou démarrer
un nouveau médicament) et les dicter à l’infirmier qui les note dans le dossier
du patient en y apportant parfois des précisions pour les autres infirmiers (sur
les moments d’administration bien souvent). Il arrive que l’infirmier propose
des adaptations de traitement ou pose des questions sur les choix du médecin.
Le médecin signe les ordres thérapeutiques saisis ; il arrive rarement qu’il les
saisisse lui-même.
Après le tour médical, l’infirmier recopie les ordres thérapeutiques sur le plan
de soin du patient, principal support à partir duquel les infirmiers préparent
les piluliers pour les patients. La principale différence entre les deux hôpitaux
réside dans le fait que dans un hôpital universitaire, plusieurs médecins peuvent
faire le tour médical (internes, externes, chef de service, etc.), ce qui n’est pas le
cas dans un centre hospitalier classique. Dans ces conditions, c’est plutôt l’interne qui fait le résumé du cas patient.
Dans l’hôpital informatisé, l’organisation est différente. L’infirmier n’accompagne pas le médecin lors du tour médical. Des ordinateurs portables sont
installés sur un chariot de soin que le médecin emmène au lit du malade. Le
médecin va chercher les informations nécessaires directement dans le dossier
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