Facteurs humains et ergonomie en informatique médicale
501
Quelques définitions
La conscience de la situation est un modèle interne de l’environnement
sur lequel reposent la sélection de l’action et la performance. Sa
construction est une étape clé du processus de décision, puisque même
les experts peuvent prendre des décisions fausses si elle est inadéquate
ou incomplète. Cette construction s’effectue en trois phases hiérarchiques
mais parallèles : la perception des éléments de l’environnement à un
moment et à un endroit donnés, la compréhension de leur signification
et la projection de leur état dans un futur proche
La résilience d’un système est la capacité d’un système à retrouver un
état stable après une perturbation majeure et/ou en présence d’un
stress. Elle peut être envisagée sur trois horizons temporels distincts :
avant, pendant et après la survenue d’un événement à risque. Dans les
situations complexes, telles que rencontrées dans le domaine médical,
le facteur humain est considéré comme étant la première source de
résilience.
– Des aléas organisationnels puisque les systèmes proposés peuvent déstructurer l’organisation des services, la répartition des différentes tâches et
activités des professionnels de Santé étant généralement dépendant de ces
systèmes. Si l’on prend l’exemple du circuit de prescription-dispensationadministration des médicaments, qui sera détaillé plus loin, on a pu montrer
que si l’introduction des logiciels de prescription électronique est efficace
dans la prévention des erreurs de médication, elle peut également entraîner
une diminution de la qualité des communications et entraver par exemple
les coopérations entre infirmières et médecins ou bloquer la synchronisation et les mécanismes de feed-back informationnels. Toutefois, il a été
possible de montrer que l’introduction de l’outil amène très souvent des
modifications organisationnelles (par exemple, désynchronisation des activités des médecins et des infirmières) qui potentialisent les effets négatifs.
À l’extrême, on peut imaginer qu’un outil très bien conçu n’amène aucun
effet négatif s’il est « pensé » dans le cadre d’une organisation permettant la réalisation des activités coopératives. En revanche, s’il est envisagé
comme un substitut des communications fonctionnelles élaborées au fur et
à mesure de la pratique, il peut alors amener les blocages décrits ci-dessus.
Ces aléas peuvent induire de mauvaises perceptions de ces systèmes, vus
comme des causes de dégradation des conditions d’exercices et sources de
conflits psycho-sociaux.
– Des aléas pour le patient lui-même qui découlent de ceux cités précédem
e
-
ment. Les systèmes informatiques en santé ne sont pas anodins et doivent
être des systèmes particulièrement fiables car devant assurer la sécurité de
la prise en charge des patients. Si le système n’est pas correctement adapté à
501
Quelques définitions
La conscience de la situation est un modèle interne de l’environnement
sur lequel reposent la sélection de l’action et la performance. Sa
construction est une étape clé du processus de décision, puisque même
les experts peuvent prendre des décisions fausses si elle est inadéquate
ou incomplète. Cette construction s’effectue en trois phases hiérarchiques
mais parallèles : la perception des éléments de l’environnement à un
moment et à un endroit donnés, la compréhension de leur signification
et la projection de leur état dans un futur proche
La résilience d’un système est la capacité d’un système à retrouver un
état stable après une perturbation majeure et/ou en présence d’un
stress. Elle peut être envisagée sur trois horizons temporels distincts :
avant, pendant et après la survenue d’un événement à risque. Dans les
situations complexes, telles que rencontrées dans le domaine médical,
le facteur humain est considéré comme étant la première source de
résilience.
– Des aléas organisationnels puisque les systèmes proposés peuvent déstructurer l’organisation des services, la répartition des différentes tâches et
activités des professionnels de Santé étant généralement dépendant de ces
systèmes. Si l’on prend l’exemple du circuit de prescription-dispensationadministration des médicaments, qui sera détaillé plus loin, on a pu montrer
que si l’introduction des logiciels de prescription électronique est efficace
dans la prévention des erreurs de médication, elle peut également entraîner
une diminution de la qualité des communications et entraver par exemple
les coopérations entre infirmières et médecins ou bloquer la synchronisation et les mécanismes de feed-back informationnels. Toutefois, il a été
possible de montrer que l’introduction de l’outil amène très souvent des
modifications organisationnelles (par exemple, désynchronisation des activités des médecins et des infirmières) qui potentialisent les effets négatifs.
À l’extrême, on peut imaginer qu’un outil très bien conçu n’amène aucun
effet négatif s’il est « pensé » dans le cadre d’une organisation permettant la réalisation des activités coopératives. En revanche, s’il est envisagé
comme un substitut des communications fonctionnelles élaborées au fur et
à mesure de la pratique, il peut alors amener les blocages décrits ci-dessus.
Ces aléas peuvent induire de mauvaises perceptions de ces systèmes, vus
comme des causes de dégradation des conditions d’exercices et sources de
conflits psycho-sociaux.
– Des aléas pour le patient lui-même qui découlent de ceux cités précédem
e
-
ment. Les systèmes informatiques en santé ne sont pas anodins et doivent
être des systèmes particulièrement fiables car devant assurer la sécurité de
la prise en charge des patients. Si le système n’est pas correctement adapté à
