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Informatique médicale, e-Santé
de sur-confiance, ces effets de contentement peuvent amener de graves
erreurs. À l’inverse, il a été montré que la non-confiance ou la sousconfiance pouvait pousser les professionnels à ne pas utiliser un système
qui pourrait les aider.
Par ailleurs, les activités médicales sont caractérisées par une importante
composante collective qui ne cesse d’augmenter, en particulier à cause de la
spécialisation des professionnels. De plus, les informations essentielles dans le
processus de gestion de soins sont distribuées au sein de nombreux artefacts,
qu’il s’agisse de documents papiers, d’outils médicaux ou d’ordinateurs. Ces
deux éléments font que l’activité médicale et le système de soin peuvent être
considérés comme une situation de cognition distribuée, entre humains d’une
part, et entre humains et artefacts d’autre part. Dans ce cadre, de nombreux
travaux se sont intéressés à l’impact de l’introduction d’outils informatisés
sur les communications qui sous-tendent les activités collectives et coopératives des soignants.
Les risques systémiques cités ci-dessus, associés à une implantation de systèmes
sans prise en compte des différentes composantes de l’usage qui en sera fait,
peuvent mener à plusieurs niveaux d’aléas.
– Des aléas dans les pratiques puisque les interfaces homme-systèmes qui sont
proposées peuvent, si elles n’ont pas été suffisamment « adaptées » à leurs
utilisateurs, ne pas fournir de façon adéquate les informations pertinentes
au moment attendu ou même, dans le cas le plus extrême, induire en erreur.
En effet, l’introduction d’outils informatiques, lorsqu’ils sont conçus
à partir de la tâche prescrite (voir plus loin) et non à partir de l’activité réelle, peut amener une perte d’adaptativité ou un manque de
résilience (voir encadré) dans la mesure où ces outils ne permettent
pas que les capacités adaptatives humaines normales s’exercent.
Il peut également découler une augmentation de la charge mentale
des opérateurs principalement dans deux cas. Le premier lorsque
les interfaces des systèmes procurent trop d’informations en même
temps, ce qui a pour conséquence de surcharger la mémoire de
travail de l’opérateur. Le second lorsque l’opérateur est amené à
« reprendre la main » ou lorsque le système lui procure des informations qu’il estime incohérentes car, en plus de son activité
« normale », il doit diagnostiquer ce qui se passe au niveau du système.
Enfin, et c’est certainement ce qui est le plus à même de survenir en
informatique médicale où une grande partie des outils sert à aider à la
collecte d’informations, les interfaces peuvent amener à la construction d’une conscience de la situation insuffisante (voir encadré). La
conscience de la situation relève d’un diagnostic continu d’une situation
en constante évolution. Si les informations recueillies sont insuffisantes
(ou à l’inverse trop nombreuses), mal intégrées dans la compréhension
globale de la situation, ou inadéquates pour permettre d’anticiper et de
prédire l’évolution du processus (ici, l’état du patient), les conséquences
peuvent être extrêmement graves.
Informatique médicale, e-Santé
de sur-confiance, ces effets de contentement peuvent amener de graves
erreurs. À l’inverse, il a été montré que la non-confiance ou la sousconfiance pouvait pousser les professionnels à ne pas utiliser un système
qui pourrait les aider.
Par ailleurs, les activités médicales sont caractérisées par une importante
composante collective qui ne cesse d’augmenter, en particulier à cause de la
spécialisation des professionnels. De plus, les informations essentielles dans le
processus de gestion de soins sont distribuées au sein de nombreux artefacts,
qu’il s’agisse de documents papiers, d’outils médicaux ou d’ordinateurs. Ces
deux éléments font que l’activité médicale et le système de soin peuvent être
considérés comme une situation de cognition distribuée, entre humains d’une
part, et entre humains et artefacts d’autre part. Dans ce cadre, de nombreux
travaux se sont intéressés à l’impact de l’introduction d’outils informatisés
sur les communications qui sous-tendent les activités collectives et coopératives des soignants.
Les risques systémiques cités ci-dessus, associés à une implantation de systèmes
sans prise en compte des différentes composantes de l’usage qui en sera fait,
peuvent mener à plusieurs niveaux d’aléas.
– Des aléas dans les pratiques puisque les interfaces homme-systèmes qui sont
proposées peuvent, si elles n’ont pas été suffisamment « adaptées » à leurs
utilisateurs, ne pas fournir de façon adéquate les informations pertinentes
au moment attendu ou même, dans le cas le plus extrême, induire en erreur.
En effet, l’introduction d’outils informatiques, lorsqu’ils sont conçus
à partir de la tâche prescrite (voir plus loin) et non à partir de l’activité réelle, peut amener une perte d’adaptativité ou un manque de
résilience (voir encadré) dans la mesure où ces outils ne permettent
pas que les capacités adaptatives humaines normales s’exercent.
Il peut également découler une augmentation de la charge mentale
des opérateurs principalement dans deux cas. Le premier lorsque
les interfaces des systèmes procurent trop d’informations en même
temps, ce qui a pour conséquence de surcharger la mémoire de
travail de l’opérateur. Le second lorsque l’opérateur est amené à
« reprendre la main » ou lorsque le système lui procure des informations qu’il estime incohérentes car, en plus de son activité
« normale », il doit diagnostiquer ce qui se passe au niveau du système.
Enfin, et c’est certainement ce qui est le plus à même de survenir en
informatique médicale où une grande partie des outils sert à aider à la
collecte d’informations, les interfaces peuvent amener à la construction d’une conscience de la situation insuffisante (voir encadré). La
conscience de la situation relève d’un diagnostic continu d’une situation
en constante évolution. Si les informations recueillies sont insuffisantes
(ou à l’inverse trop nombreuses), mal intégrées dans la compréhension
globale de la situation, ou inadéquates pour permettre d’anticiper et de
prédire l’évolution du processus (ici, l’état du patient), les conséquences
peuvent être extrêmement graves.
