450
Informatique médicale, e-Santé
La télé-expertise se justifie par l’hyperspécialisation des connaissances médicales et par la nécessité de mener une réflexion multidisciplinaire. En France, ce
sont les réseaux Périn@t qui ont développé en premier la télé-expertise, autour
de la réalisation d’échographies pendant la grossesse. Ces réseaux ont permis
d’améliorer le dépistage des malformations fœtales, de maintenir l’activité
d’établissements de soins de proximité (leurs praticiens non spécialisés pouvant
être accompagnés à distance) et surtout de réduire le coût et le désagrément
liés aux transferts inutiles des parturientes. Dans ce cas, on parle bien de téléexpertise car le médecin distant n’intervient pas de manière synchrone avec la
réalisation de l’acte diagnostique : il l’interprète de manière asynchrone.
17.3.5 Téléassistance
La téléassistance se définit par le fait qu’un professionnel de santé assiste à
distance un autre professionnel de santé dans la réalisation d’un acte diagnostique ou thérapeutique sur un patient. Elle n’est pas exclusivement médicale, et
il s’agit d’un acte synchrone : un des professionnels se situe auprès du patient.
L’illustration la plus populaire de la téléassistance est la téléchirurgie mais,
au-delà, ce type d’acte est utilisé en télé-imagerie et peut être particulièrement
adapté à certaines situations d’urgence et d’isolement.
Quelques exemples de téléassistance
La première opération de téléchirurgie dite « opération Lindberg » a
été réalisée en 2001 : il s’agissait d’une ablation de la vésicule biliaire ;
l’intervention a duré 45 minutes. La patiente était installée à Strasbourg,
et le chirurgien, situé à New York, a manipulé les bras d’un système
robotisé via un réseau à haut débit sur fibre optique.
Durant les actes de téléassistance radiologique, un radiologue assiste
à distance un professionnel de santé (médecin ou non) situé aux côtés
du patient. Cette technique est déjà utilisée dans certains centres de
télé-imagerie.
La téléassistance prend tout son sens dans les situations d’urgence
lorsqu’un médecin ne peut pas se déplacer. Ainsi, par exemple, le SAMU
de Paris procède à une centaine de télé-interventions par an dans les
avions d’Air France lorsqu’un problème médical survient en plein vol. Des
dispositifs semblables sont en place dans certains refuges de montagne
ou sur certaines îles.
Les conditions réglementaires ne sont pas modifiées par la téléassistance :
responsabilité médicale, consentement du patient, obligation de moyens et
même obligation de résultat pour les médecins télé-radiologues. En cas de
responsabilité sans faute et si les circonstances le permettent, le médecin doit
pouvoir se retourner contre les tiers technologiques, qui sont les sociétés
Précédent

- 452/525

Suivant