L’aide à la décision en santé publique
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10.2.4 Simulations
La simulation informatique permet d’expérimenter « in silico » sur le
comportement d’un système, dans notre cas un processus morbide ou un
processus sanitaire, à partir d’un modèle supposé réaliser une bonne reproduction de la réalité. Les techniques de simulation sont utilisées dans les situations où l’expérimentation réelle n’est pas possible pour des raisons morales,
temporelles, budgétaires ou pratiques. C’est souvent le cas en santé publique
où l’on dispose de données d’observation qui au mieux permettent de faire le
constat d’une situation à corriger mais ne permettent pas toujours de décider
d’une action ou d’anticiper des évolutions possibles. Pour que l’expérimentation sur le modèle ait une valeur scientifique, il faut évidemment que le modèle
constitue une reproduction satisfaisante de la réalité, c’est-à-dire qu’il repose
sur des bases théoriques assurées. Le second type de situations où la simulation
s’avère efficace est celui où l’on ne dispose pas de bases théoriques solides, et où
l’on cherche précisément à élaborer une théorie qui permette de rendre compte
des données d’observation grâce aux techniques de simulation ; on peut alors
définir avec précision les conséquences concrètes des différents modèles théoriques possibles et déterminer lequel fournit l’approximation la plus correcte de
la réalité. En politique de santé, la simulation est aussi un support pour l’aide à
la décision et à la conceptualisation des processus sanitaires et un outil d’aide à
la conduite du changement avec les professionnels.
10.3 Résumé et perspectives : vers la recherche translationnelle
en santé publique
Ce chapitre permet de mesurer l’étendue des domaines d’application
possible de l’informatique décisionnelle, des systèmes d’information géographique et des outils de simulation en santé. L’ensemble de ces technologies peut
être utilisé simultanément comme c’est le cas pour le système d’information de
l’agence de la biomédecine en néphrologie. Utiliser les TIC pour optimiser la
décision en santé publique vise en définitive à accélérer l’application des innovations au bénéfice des malades et à la maintenance d’un état physiologique
et psychologique optimal dans la population. Cette démarche s’inscrit dans le
cadre plus général de la « recherche translationnelle » en santé publique.
La recherche translationnelle est définie comme un effort pour accélérer l’application des recherches les plus récentes au bénéfice des malades, en assurant
un continuum entre la recherche fondamentale, la recherche clinique et les
soins pour permettre aux patients de bénéficier rapidement des innovations
diagnostiques et thérapeutiques. Une acception plus large et bidirectionelle s’est
imposée progressivement : l’observation et les faits biocliniques sont aussi la
source de questionnements pour la recherche fondamentale. Les mécanismes
physiologiques ou physiopathologiques supposés rendre compte de faits biologiques et/ou leur importance in vivo seront confortés ou remis en cause par
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