248
Informatique médicale, e-Santé
supposent une définition précise des cas à dénombrer au numérateur et de la
population dont ils sont issus à dénombrer au dénominateur. L’incidence et la
prévalence sont les deux grandes mesures utilisées. L’incidence mesure la vitesse
de survenue d’un événement de santé sur une période de temps dans une
population exposée. La prévalence est un indicateur de morbidité qui mesure
la fréquence d’un état de santé un jour donné dans une population définie.
Quand l’événement de santé mesuré est le décès, l’incidence mesure le taux de
mortalité. Quand l’événement de santé est la survenue d’une maladie, le taux
d’incidence est un indicateur de morbidité.
L’épidémiologie analytique vise à identifier les facteurs de risques des maladies
et contribue à la recherche étiologique. Elle fait appel à des modèles statistiques
multivariés pour tester l’existence d’un lien statistique entre une variable à
expliquer mesurant un état ou un événement de santé et des variables explicatives mesurant les facteurs de risque et les facteurs de confusion éventuels que
l’on cherche à contrôler. L’ajustement d’un modèle aux données observées fait
appel à des techniques d’optimisation qui permettent d’estimer les paramètres
du modèle. La valeur prédictive d’un modèle ajusté sur un jeu de données d’apprentissage peut être évaluée sur un jeu de données de validation. On entre alors
dans le domaine de l’épidémiologie prédictive. L’épidémiologie clinique rentre
le plus souvent dans ce cadre, en produisant à partir de données d’observation
et de modèles d’analyse multivariée des scores pronostiques ou diagnostiques
susceptibles d’être utilisés par les cliniciens pour l’aide à la décision. L’épidémiologie géographique s’intéresse plus spécifiquement aux variations spatiales
et à leur modélisation.
Quatre principaux instruments d’observation sont utilisés en épidémiologie :
– Les enquêtes transversales, dites de prévalence, les plus rapides à réaliser,
permettent de calculer des prévalences, d’étudier leurs variations, de quantifier l’importance d’un problème de santé et de formuler des hypothèses
sur les facteurs de risques associés.
– Les enquêtes cas-témoins qui sont aussi relativement faciles et rapides à
réaliser et qui peuvent être rétrospectives si des bases de données non biaisées sont déjà disponibles ; elles permettent de comparer l’exposition à un
facteur de risque entre des cas et des témoins et de calculer un excès de
risque.
– Les enquêtes de cohortes, prospectives ou rétrospectives, sont fermées
ou ouvertes selon que les inclusions sont limitées ou renouvelées dans le
temps ; elles étudient les devenirs d’un groupe de sujets au cours du temps
en prenant en compte des facteurs de risque présumés et des facteurs
de confusion éventuels ; elles sont plus lourdes et plus longues et plus
coûteuses à réaliser.
– Les registres réalisent l’enregistrement continu, pérenne et exhaustif d’un
événement de santé dans une population et intègrent souvent un suivi actif
ou passif (par croisement avec d’autres bases de données) du devenir des
cas identifiés, de la même manière qu’une étude de cohorte. Des enquêtes
ponctuelles de prévalence permettent dans certaines situations de photogra-
Précédent

- 255/525

Suivant