L’aide à la décision en santé publique
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concernées. Les statistiques sanitaires occupent une place centrale pour anticiper l’évolution des besoins de santé, évaluer la performance du système de
santé et les politiques de santé publique, pour simuler des scénarios alternatifs
ou encore pour accompagner la conduite du changement.
En dehors de la recherche clinique où il est possible d’établir un lien de causalité entre un état de santé et le facteur contrôlé expérimentalement, les données
utilisées pour les statistiques sanitaires sont généralement recueillies en situation d’observation, ce qui permet au mieux d’établir une association entre
des déterminants médicaux ou non médicaux et un état de santé. Pour de
nombreux déterminants, les effets sur la santé sont difficiles à établir : c’est le
cas par exemple en santé environnementale ou en médecine du travail pour des
expositions chroniques à des doses qualifiées de faibles sur le plan toxicologique
ou pour des affections survenant après un long délai de latence. C’est donc
souvent sur la base d’un faisceau de données éparses et incomplètes et à dires
d’experts que les orientations de politique devront être prises.
En situation d’incertitude, quatre grands principes guident la prise de décision
en santé publique. Le principe de précaution, issu du droit de l’environnement,
considère que « l’absence de certitude, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures
effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommage grave et
irréversible à l’environnement à un coût économique acceptable ». Le principe
d’évaluation vise à ce que les professionnels, les autorités sanitaires et les gestionnaires disposent d’une capacité de détection et d’analyse des risques et de la
possibilité d’évaluer a priori et a posteriori leur action. Le principe d’impartialité de la décision sanitaire impose d’organiser la gestion des conflits d’intérêts.
Cela a des conséquences sur l’organisation des administrations et des institutions sanitaires concernées en séparant les services chargés du développement
d’une activité de ceux chargés du contrôle, du financement ou de l’allocation
des ressources. Cela impacte aussi l’organisation de l’expertise médico-technique. Le principe de transparence vise à susciter le débat contradictoire et l’expression de points de vues multiples pour essayer de prendre, dans un contexte
d’incertitude, la meilleure (ou la moins mauvaise) décision possible.
10.3 Méthodes et instruments d’observation épidémiologiques
Parce qu’elles procurent une meilleure compréhension sur la diffusion d’un
processus morbide dans la population, les connaissances épidémiologiques
constituent un élément majeur pour orienter les décisions de santé publique.
L’épidémiologie s’intéresse à la distribution des états ou événements de santé et
de leurs déterminants médicaux et non médicaux dans la population.
L’épidémiologie descriptive permet de quantifier l’importance d’un problème
de santé par sa fréquence, d’en suivre les variations temporelles et spatiales et
de le situer par sa distribution selon différentes caractéristiques de la population. Les mesures de fréquence utilisées en épidémiologie sont des taux qui
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concernées. Les statistiques sanitaires occupent une place centrale pour anticiper l’évolution des besoins de santé, évaluer la performance du système de
santé et les politiques de santé publique, pour simuler des scénarios alternatifs
ou encore pour accompagner la conduite du changement.
En dehors de la recherche clinique où il est possible d’établir un lien de causalité entre un état de santé et le facteur contrôlé expérimentalement, les données
utilisées pour les statistiques sanitaires sont généralement recueillies en situation d’observation, ce qui permet au mieux d’établir une association entre
des déterminants médicaux ou non médicaux et un état de santé. Pour de
nombreux déterminants, les effets sur la santé sont difficiles à établir : c’est le
cas par exemple en santé environnementale ou en médecine du travail pour des
expositions chroniques à des doses qualifiées de faibles sur le plan toxicologique
ou pour des affections survenant après un long délai de latence. C’est donc
souvent sur la base d’un faisceau de données éparses et incomplètes et à dires
d’experts que les orientations de politique devront être prises.
En situation d’incertitude, quatre grands principes guident la prise de décision
en santé publique. Le principe de précaution, issu du droit de l’environnement,
considère que « l’absence de certitude, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures
effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommage grave et
irréversible à l’environnement à un coût économique acceptable ». Le principe
d’évaluation vise à ce que les professionnels, les autorités sanitaires et les gestionnaires disposent d’une capacité de détection et d’analyse des risques et de la
possibilité d’évaluer a priori et a posteriori leur action. Le principe d’impartialité de la décision sanitaire impose d’organiser la gestion des conflits d’intérêts.
Cela a des conséquences sur l’organisation des administrations et des institutions sanitaires concernées en séparant les services chargés du développement
d’une activité de ceux chargés du contrôle, du financement ou de l’allocation
des ressources. Cela impacte aussi l’organisation de l’expertise médico-technique. Le principe de transparence vise à susciter le débat contradictoire et l’expression de points de vues multiples pour essayer de prendre, dans un contexte
d’incertitude, la meilleure (ou la moins mauvaise) décision possible.
10.3 Méthodes et instruments d’observation épidémiologiques
Parce qu’elles procurent une meilleure compréhension sur la diffusion d’un
processus morbide dans la population, les connaissances épidémiologiques
constituent un élément majeur pour orienter les décisions de santé publique.
L’épidémiologie s’intéresse à la distribution des états ou événements de santé et
de leurs déterminants médicaux et non médicaux dans la population.
L’épidémiologie descriptive permet de quantifier l’importance d’un problème
de santé par sa fréquence, d’en suivre les variations temporelles et spatiales et
de le situer par sa distribution selon différentes caractéristiques de la population. Les mesures de fréquence utilisées en épidémiologie sont des taux qui
