L’aide à la décision thérapeutique
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8.3.4 Moteur d’inférence
Dans une revue systématique de la littérature analysant les interventions sur
les pratiques des professionnels de santé basées sur des systèmes informatiques,
Hunt et al. (JAMA, 1998) définissent un SADM comme « tout logiciel dans
lequel des caractéristiques propres à un patient sont confrontées à une base de
connaissances informatisée ayant pour objectif de proposer des recommandations ou des évaluations particulièrement adaptées au patient ».
L’interprétation classique de cette définition correspond à l’exécution automatique du SADM, sous le contrôle d’un moteur d’inférence qui reconnaît
la situation clinique d’un patient sur la base des données patient structurées
extraites du dossier informatisé, et déclenche automatiquement la structure
de connaissances appropriée pour identifier la prise en charge centrée patient
recommandée. Deux modes d’interface sont alors possibles, la critique, émise
sous la forme d’une alerte uniquement si la stratégie décidée par le médecin ne
correspond pas à celle qui est recommandée, ou le guidage qui nécessite une
démarche volontaire du médecin et la recherche d’une aide à la décision pour
déterminer la prise en charge recommandée.
À l’autre extrémité du spectre, on trouve les approches « documentaires » où ce
n’est plus le SADM qui met automatiquement en correspondance les données
patient et les connaissances, mais le médecin lui-même. Dans ce second cas, le
moteur d’inférence se trouve réduit à sa plus simple expression, l’informatique
ne jouant pas le rôle d’un moteur d’exécution mais celui d’un instrument
de support dans l’exploitation des bases de connaissances au sein desquelles
l’utilisateur va naviguer. Ainsi, dans les approches documentaires, le médecin
parcourt les bases de connaissances de manière hypertextuelle : au cours du
parcours, il agit comme un médiateur fournissant, ou recherchant, les données
caractérisant son patient, sans que ces données aient besoin d’être codées, et
interprétant dans le contexte clinique de son patient les informations qui lui
sont proposées en retour.
Il existe un continuum entre les approches complètement automatiques et
celles entièrement documentaires dont le parangon est la RPC textuelle d’origine. Des étapes de structuration, précédant la formalisation des connaissances,
ont été proposées pour aider les praticiens à retrouver des recommandations
centrées patient plus facilement que dans les textes d’origine, tout en gardant
la flexibilité de l’interprétation des notions. Ainsi, même si la base de connaissances est semi-structurée, structurée, voire formalisée, elle n’est pas automatiquement exécutée. L’échelle proposée dans la figure 8 illustre différentes « bases
de connaissances basées sur les RPC » allant des textes des RPC à gauche, tels
que ceux développés par les agences nationales, aux bases de connaissances
entièrement formalisées et automatiquement exécutées, à droite. On constate
qu’à la frontière certaines approches sont mixtes : les bases de connaissances
peuvent aussi bien être consultées de façon documentaire ou exécutées de façon
automatique, c’est le cas par exemple du système OncoDoc pour l’aide à la prise
en charge du cancer du sein.
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8.3.4 Moteur d’inférence
Dans une revue systématique de la littérature analysant les interventions sur
les pratiques des professionnels de santé basées sur des systèmes informatiques,
Hunt et al. (JAMA, 1998) définissent un SADM comme « tout logiciel dans
lequel des caractéristiques propres à un patient sont confrontées à une base de
connaissances informatisée ayant pour objectif de proposer des recommandations ou des évaluations particulièrement adaptées au patient ».
L’interprétation classique de cette définition correspond à l’exécution automatique du SADM, sous le contrôle d’un moteur d’inférence qui reconnaît
la situation clinique d’un patient sur la base des données patient structurées
extraites du dossier informatisé, et déclenche automatiquement la structure
de connaissances appropriée pour identifier la prise en charge centrée patient
recommandée. Deux modes d’interface sont alors possibles, la critique, émise
sous la forme d’une alerte uniquement si la stratégie décidée par le médecin ne
correspond pas à celle qui est recommandée, ou le guidage qui nécessite une
démarche volontaire du médecin et la recherche d’une aide à la décision pour
déterminer la prise en charge recommandée.
À l’autre extrémité du spectre, on trouve les approches « documentaires » où ce
n’est plus le SADM qui met automatiquement en correspondance les données
patient et les connaissances, mais le médecin lui-même. Dans ce second cas, le
moteur d’inférence se trouve réduit à sa plus simple expression, l’informatique
ne jouant pas le rôle d’un moteur d’exécution mais celui d’un instrument
de support dans l’exploitation des bases de connaissances au sein desquelles
l’utilisateur va naviguer. Ainsi, dans les approches documentaires, le médecin
parcourt les bases de connaissances de manière hypertextuelle : au cours du
parcours, il agit comme un médiateur fournissant, ou recherchant, les données
caractérisant son patient, sans que ces données aient besoin d’être codées, et
interprétant dans le contexte clinique de son patient les informations qui lui
sont proposées en retour.
Il existe un continuum entre les approches complètement automatiques et
celles entièrement documentaires dont le parangon est la RPC textuelle d’origine. Des étapes de structuration, précédant la formalisation des connaissances,
ont été proposées pour aider les praticiens à retrouver des recommandations
centrées patient plus facilement que dans les textes d’origine, tout en gardant
la flexibilité de l’interprétation des notions. Ainsi, même si la base de connaissances est semi-structurée, structurée, voire formalisée, elle n’est pas automatiquement exécutée. L’échelle proposée dans la figure 8 illustre différentes « bases
de connaissances basées sur les RPC » allant des textes des RPC à gauche, tels
que ceux développés par les agences nationales, aux bases de connaissances
entièrement formalisées et automatiquement exécutées, à droite. On constate
qu’à la frontière certaines approches sont mixtes : les bases de connaissances
peuvent aussi bien être consultées de façon documentaire ou exécutées de façon
automatique, c’est le cas par exemple du système OncoDoc pour l’aide à la prise
en charge du cancer du sein.
