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Informatique médicale, e-Santé
décision, concernant les soins à prodiguer à un patient donné ou à des populations ». L’EBM consiste à utiliser, de manière rigoureuse et pour toute prise
de décision médicale, les résultats scientifiques, c’est-à-dire ceux issus d’une
recherche clinique méthodologiquement bien conduite, et validés par des publications dans des revues scientifiques, qui constituent l’état de l’art médical.
La prise en compte de l’EBM représente aujourd’hui un enjeu majeur dans les
pays développés afin d’assurer la promotion des meilleures pratiques et ainsi la
qualité des soins, comme le prouvent les nombreuses actions de certification,
d’accréditation, et d’évaluation des pratiques professionnelles. Pourtant cette
démarche idéalisée reste difficile à mettre en œuvre au quotidien. En effet, les
médecins ne peuvent effectuer une synthèse de l’état de l’art pour chaque patient.
Les « recommandations de pratique clinique » (RPC) ou « guides de bonnes
pratiques » (les Anglo-Saxons utilisent également les termes de clinical practice guidelines, best practices, clinical pathways) sont des documents élaborés
dans un objectif de synthèse des productions scientifiques sur une problématique médicale donnée, par exemple la prise en charge thérapeutique de
l’hypertension artérielle essentielle, ou du diabète de type 2, etc. Produites
sous l’égide de sociétés savantes ou d’agences nationales de santé, comme en
France la HAS, les RPC sont principalement des documents textuels au style
narratif, généralement structurés sous la forme d’un catalogue de situations
cliniques particulières auxquelles sont associées les prises en charge recommandées.
Les travaux du groupe EPOC 3 (Effective Practice and Organisation of Care) de la
collaboration Cochrane visent à étudier les leviers ou interventions susceptibles
de favoriser la mise en œuvre des recommandations et de mesurer leur impact
sur la santé des patients. Ainsi, il a été montré que la simple diffusion des RPC
textuelles avait peu d’impact sur les pratiques médicales réelles, qu’elles soient
diffusées sur support papier, dans les revues ou publications, ou dans des
formats électroniques, sur les sites web des promoteurs.
En effet, prenons l’exemple d’un médecin qui reçoit en consultation un
patient de 62 ans, diabétique, angineux et ayant un antécédent d’infarctus
du myocarde. Il doit dans un premier temps identifier les problèmes majeurs
du patient, puis essayer de savoir s’il existe des RPC adaptées, se les procurer,
les lire entièrement, et éventuellement éliminer celles qui ne s’appliquent
pas exactement à son patient, interpréter les recommandations proposées en
vérifiant que les ressources nécessaires pour les appliquer sont disponibles,
tenir compte de l’avis de son patient pour décider de la conduite à tenir et
la consigner dans le dossier médical. À la prochaine visite, il devra s’assurer
qu’il n’existe pas de nouvelles recommandations ou de mise à jour à intégrer.
La lourdeur de la procédure est largement simplifiée par l’informatisation
des RPC qui permet d’améliorer la disponibilité, l’utilisabilité et l’intégration
contextuelle (c’est-à-dire en situation de soins) des connaissances contenues
dans les RPC pour délivrer, en temps et lieu voulus, seulement celles qui
3. http://epoc.cochrane.org
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