L’aide à la décision thérapeutique
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le médecin pourra prescrire sans problème un antibiotique pour traiter des
patients souffrant d’insomnies, mais l’antibiotique sera correctement prescrit, à
la bonne dose et sans interaction avec les autres médicaments de l’ordonnance !
Ainsi, afin d’optimiser la prise en charge des patients, il existe des recommandations de bonne pratique ou guidelines qui préconisent pour un ensemble de
situations cliniques les traitements médicamenteux conformes aux données
acquises de la science ou evidence-based medicine. Ces traitements médicamenteux recommandés correspondent à la meilleure stratégie de prise en charge des
patients, établie sur la base d’un ensemble de critères patient spécifiques. On
parle alors de « qualité » de la prescription. Des études ont souligné la faible
adhérence des médecins aux recommandations des guides de bonnes pratiques
cliniques. Les systèmes informatisés d’aide à la stratégie thérapeutique ou
clinical decision support systems (CDSSs) sont des systèmes d’aide à la décision
médicale (SADM) qui permettent d’aider le médecin à respecter ces recommandations qui sont longues à lire et éventuellement complexes à respecter et à
mettre en œuvre dans une approche centrée-patient afin d’opter pour les traitements recommandés par l’état de l’art.
8.1.2 Les erreurs de prescription médicamenteuse
Resté longtemps confidentiel, le problème des erreurs médicales, en particulier médicamenteuses, et de leur prévention est devenu un sujet d’actualité à la
fin des années 1990. Ce revirement s’inscrit dans un objectif double, d’une part,
l’amélioration de la sécurité des patients et de la qualité des prises en charge et,
d’autre part, la diminution des coûts de santé en particulier des surcoûts engendrés par ces erreurs a priori évitables.
En 1999, une publication de l’Institute of Medicine intitulée
e
To Err Is Human
jetait « un pavé dans la mare » en dénonçant qu’entre 44 000 et 98 000 décès
étaient liés chaque année aux erreurs médicales dans les hôpitaux des ÉtatsUnis. En France, le constat était similaire.
Les erreurs médicales peuvent être de plusieurs types, diagnostiques (erreur ou
retard au diagnostic, défaut d’utilisation des tests recommandés ou utilisation
de tests obsolètes, etc.), thérapeutiques (erreur dans la réalisation d’une intervention, d’une procédure, d’un test, erreur d’administration d’un médicament,
erreur de posologie ou du mode d’utilisation d’un médicament, soins inappropriés, etc.), prophylactiques (défaut de dépistage, de vaccination, etc.) et autres
(défaut de fonctionnement d’un équipement, d’une organisation, etc.).
Les erreurs médicamenteuses représentent la principale cause des erreurs médicales. Il peut s’agir d’erreurs d’indication, de prescription (par le médecin), de
transcription (par l’infirmière ou le pharmacien), de dispensation (médicament
donné à un autre malade ou erreur de médicament) ou d’administration (voie
intraveineuse au lieu de la voie orale). Les erreurs médicamenteuses et notamment de prescription sont considérées comme aussi fréquentes chez l’enfant
et chez l’adulte, mais le risque de conséquences délétères est supposé être trois
fois plus élevé chez l’enfant, en raison notamment de la plus grande fréquence
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