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Informatique médicale, e-Santé
8.1 Introduction
8.1.1 Les difficultés de la prescription thérapeutique : le patient,
le médicament, l’ordonnance
Un historique de l’ordonnance
En Europe, jusqu’au X e siècle, celui qui exerçait la médecine était aussi
contraint de cultiver, récolter, préparer et administrer les plantes
médicinales qui constituaient l’essentiel de la pharmacopée. Ce
personnage était appelé « apothicaire » (du grec apotec boutique).
c
Du fait de la diversification des substances utilisées et du savoir
nécessaire pour maîtriser convenablement l’art de guérir et l’art de
préparer les médicaments, la séparation entre ces deux activités devint
matériellement et intellectuellement obligatoire, une seule personne
ne pouvant plus assurer ces deux fonctions. Aussi, apparaissent en
France les médicus et les pigmentarius (ou marchands d’épices) qui se
divisent rapidement en deux branches : les « épiciers » n’ayant le droit
de ne manipuler que des drogues alimentaires et les « apothicaires » se
réservant les drogues médicinales. En 1271, le roi interdit aux apothicaires
de délivrer des remèdes sans la présence d’un médecin excepté pour les
remèdes vulgaires. À cette époque, l’ordonnance écrite n’existe pas et les
médecins prescrivaient oralement, indiquant eux-mêmes dans l’officine
les médicaments dont ils souhaitaient composer leurs remèdes.
La naissance officielle de l’ordonnance en France se situe en 1322
lorsqu’un nouvel édit royal interdit aux apothicaires de vendre ou donner
des laxatifs toxiques ou abortifs sans l’ordonnance d’un médecin et leur
interdit de les renouveler.
Aujourd’hui, dans le domaine médical, l’ordonnance est un écrit constitué
des prescriptions que le médecin établit afin de résoudre les problèmes médicaux dont souffre son patient. Ces prescriptions doivent vérifier deux types
de critères afin d’être appropriées à un patient donné. Au premier niveau, et
a minima, elles ne doivent pas lui porter de préjudice qui puisse être anticipé :
les médicaments prescrits ne doivent pas être contre-indiqués (vérification des
allergies, insuffisance rénale, état de grossesse ou d’allaitement), doivent être
prescrits à la « bonne » posologie, et être compatibles entre eux (vérification des
interactions médicamenteuses). On parle alors de « sécurisation » de l’ordonnance. Les systèmes informatisés d’aide à la prescription ou computer physician
order entry (CPOE) sont des outils qui permettent d’aider le médecin à sécu
y
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riser son ordonnance. Mais ces systèmes ne sont pas pourvus des fonctionnalités
qui leur permettraient de conseiller une classe pharmaco-thérapeutique plutôt
qu’une autre pour mieux traiter une pathologie donnée. Ainsi, par exemple,
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