Interventions médicales augmentées : surgétique et robotique
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6.3 Augmentation de « l’opérateur » et surgétique
Aspirer à une augmentation de la qualité des interventions nous a conduits
à identifier de principaux défis, pour lesquels des solutions innovantes ont été
développées. Certaines sont actuellement quotidiennement utilisées au bloc
opératoire. Néanmoins, quelles que soient les solutions proposées, un dénominateur commun peut être identifié sous la forme d’une « augmentation »
de l’opérateur, cette augmentation pouvant prendre des formes extrêmement
diverses en fonction des applications ciblées. Ce paragraphe présente une
première approche d’augmentation de l’opérateur, pour laquelle l’accent est mis
sur l’information de santé, sa définition, son acquisition, son traitement et son
utilisation par l’opérateur à l’aide de systèmes (robotisés ou non). L’exemple le
plus illustratif est celui de la « surgétique », qui s’est pleinement appuyée sur les
systèmes de navigation chirurgicale.
6.3.1 La surgétique
La surgétique, terme résultant de la fusion des termes « surgery » et « informatique », est née de la prise de conscience de l’importance de la coopération
entre homme et machine pour la réalisation de gestes médicaux et chirurgicaux.
Ces gestes, toujours plus complexes, ont bénéficié du recours à des technologies (ordinateurs, robots) qui, grâce à un traitement (semi-automatique) d’une
information toujours plus riche et volumineuse, a contribué à faire évoluer leur
réalisation.
Il faut ici pleinement insister sur l’apport de ces technologies dans le traitement
de l’information, le terme « traitement » devant être pris dans sa signification la
plus globale, i.e. le passage d’une acquisition bas-niveau de données à l’aide de
capteurs à une mise à disposition haut-niveau de nouvelles connaissances. En
effet, ce sont vraiment ces technologies qui permettent de suppléer une analyse
humaine potentiellement imparfaite ou tout simplement impossible.
Un exemple est celui de la mise en correspondance de deux imageries 3D d’un
même organe mais réalisées selon deux modalités différentes. Mettre en correspondance ces deux modalités visuellement peut s’avérer être une tâche extrêmement difficile (voire impossible), notamment lorsque l’organe imagé est déformé
au cours d’une des deux modalités. Le recours à des méthodes du domaine du
traitement du signal permet la réalisation de cette fusion : par de telles approches,
le chirurgien peut, à partir d’une information peropératoire de moindre qualité
mais suffisamment informative (imagerie ultrasonore 3D, par exemple), recaler
de manière « élastique » une imagerie préopératoire plus informative (telle
qu’une IRM ou un scanner). C’est à partir de cette imagerie plus informative qu’il
pourra par exemple, réaliser son geste de manière plus pertinente.
Une telle approche est actuellement proposée par l’Urostation ® , dispositif développé par la société Koelis ®6 et permettant de guider la réalisation de biopsies de
6. http://www.koelis.com
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