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Biostatistiques pour le clinicien
malade ou de son jour d’hospitalisation, de sa carte Vitale, etc. Cette
façon de procéder a deux inconvénients.
Le premier est que le médecin connaît d’emblée le traitement qui
devra être administré au malade, avant même de s’être assuré que les
conditions d’inclusion dans l’essai soient bien remplies. Cela risque
de l’influencer en n’incluant pas certains malades parce qu’il estime
qu’il est peut-être préférable qu’ils ne reçoivent pas le traitement indiqué par le chiffre pair ou impair. Il est, en effet, indispensable qu’un
malade : 1) réponde d’abord aux critères d’inclusion (et d’exclusion),
c’est-à-dire soit « éligible » ; 2) signe un consentement libre et éclairé
comme nous le verrons ; 3) avant que le tirage au sort désigne le traitement qu’il doit recevoir. C’est ce que l’on appelle la clause d’ignorance au moment du tirage au sort.
Le second inconvénient des tirages au sort « simples » est qu’avec un
peu de malchance, les deux groupes de malades soient quantitativement
déséquilibrés. Ce risque est particulièrement élevé si l’on inclut dans
l’étude un petit nombre de malades, par exemple dans l’un des centres
d’un essai multicentrique. Ainsi, une étude avait été faite sur l’intérêt
éventuel de l’atropine dans le traitement des pancréatites aiguës. Cinquante et un malades avaient été inclus dans l’étude. Le tirage au sort
avait été fait, écrivaient les auteurs, sur la base « de nombres historiques » (il devait s’agir de nombres comme la date de naissance que
nous avons évoquée). La malchance a fait que 19 malades ont reçu
de l’atropine et 32 ont fait partie du groupe témoin. Plus le nombre
de malades inclus dans l’étude est faible, plus le risque de déséquilibre quantitatif des sous-groupes, déterminés par un tirage au sort
« simple », est important, ce qui diminue ce que l’on appelle la puissance des tests statistiques (cf. p. 93).
Tables de nombre au hasard (encore appelés nombres aléatoires)
et de permutation de nombres au hasard
Pour limiter les inconvénients et les risques des méthodes
précédentes, on utilise des tables de nombres au hasard. Ces nombres
sont fournis par des ordinateurs
1 et figurent dans des tables qui se présentent sous forme d’une série de chiffre (tableau I). En les prenant
successivement, il suffit de décider que les malades qui ont un nombre
pair auront le traitement A et un nombre impair le traitement B. Pour
respecter la clause d’ignorance, ces indications thérapeutiques sont
mises chacune sous enveloppe numérotée. À l’inclusion du premier
1 Ces tables sont disponibles sur http://perso.orange.fr/jpq/proba/tablealea/index.htm
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Biostatistiques pour le clinicien
malade ou de son jour d’hospitalisation, de sa carte Vitale, etc. Cette
façon de procéder a deux inconvénients.
Le premier est que le médecin connaît d’emblée le traitement qui
devra être administré au malade, avant même de s’être assuré que les
conditions d’inclusion dans l’essai soient bien remplies. Cela risque
de l’influencer en n’incluant pas certains malades parce qu’il estime
qu’il est peut-être préférable qu’ils ne reçoivent pas le traitement indiqué par le chiffre pair ou impair. Il est, en effet, indispensable qu’un
malade : 1) réponde d’abord aux critères d’inclusion (et d’exclusion),
c’est-à-dire soit « éligible » ; 2) signe un consentement libre et éclairé
comme nous le verrons ; 3) avant que le tirage au sort désigne le traitement qu’il doit recevoir. C’est ce que l’on appelle la clause d’ignorance au moment du tirage au sort.
Le second inconvénient des tirages au sort « simples » est qu’avec un
peu de malchance, les deux groupes de malades soient quantitativement
déséquilibrés. Ce risque est particulièrement élevé si l’on inclut dans
l’étude un petit nombre de malades, par exemple dans l’un des centres
d’un essai multicentrique. Ainsi, une étude avait été faite sur l’intérêt
éventuel de l’atropine dans le traitement des pancréatites aiguës. Cinquante et un malades avaient été inclus dans l’étude. Le tirage au sort
avait été fait, écrivaient les auteurs, sur la base « de nombres historiques » (il devait s’agir de nombres comme la date de naissance que
nous avons évoquée). La malchance a fait que 19 malades ont reçu
de l’atropine et 32 ont fait partie du groupe témoin. Plus le nombre
de malades inclus dans l’étude est faible, plus le risque de déséquilibre quantitatif des sous-groupes, déterminés par un tirage au sort
« simple », est important, ce qui diminue ce que l’on appelle la puissance des tests statistiques (cf. p. 93).
Tables de nombre au hasard (encore appelés nombres aléatoires)
et de permutation de nombres au hasard
Pour limiter les inconvénients et les risques des méthodes
précédentes, on utilise des tables de nombres au hasard. Ces nombres
sont fournis par des ordinateurs
1 et figurent dans des tables qui se présentent sous forme d’une série de chiffre (tableau I). En les prenant
successivement, il suffit de décider que les malades qui ont un nombre
pair auront le traitement A et un nombre impair le traitement B. Pour
respecter la clause d’ignorance, ces indications thérapeutiques sont
mises chacune sous enveloppe numérotée. À l’inclusion du premier
1 Ces tables sont disponibles sur http://perso.orange.fr/jpq/proba/tablealea/index.htm
