Les variables censurées
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Tableau I – Les « perdus de vue ». Exemple de problèmes qu’ils posent.
Les données
Une étude avait porté sur les résultats d’une technique chirurgicale de traitement
de hernies inguinales. Elle avait inclus 280 malades opérés depuis plus de deux ans.
Il a été observé 14 récidives. Trente-quatre malades avaient été perdus de vue, six
malades étaient décédés dans les deux ans, de cause sans rapport avec l’intervention.
Commentaires
Les auteurs estimaient leur taux de récidives à 14/280, soit 5 % (il aurait été
souhaitable qu’ils indiquent aussi l’intervalle de confiance pour éviter d’avoir à le
calculer). En fait :
– Si le calcul du taux de récidive avait été fait chez les 240 opérés qui avaient deux ans
de recul, soit 14/240, on aurait trouvé 5,8 % de récidives.
– Mais, si tous les opérés perdus de vue ou décédés avaient fait une récidive, il y aurait
eu 14 + 40 récidives et le taux de récidives aurait alors été de 54/280, soit 19 %.
– Ce n’est que si les 40 opérés perdus de vue ou décédés n’avaient pas fait de récidive
à deux ans qu’il y aurait eu 14 récidives pour l’ensemble des 280 opérés, soit 5 %,
évaluation la plus optimiste qu’il soit possible de faire.
La présentation des résultats par les auteurs de ce travail avait, au moins, le mérite
d’indiquer avec précision le nombre de malades perdus de vue ou décédés avant la
date de point. Cela permet à un lecteur critique, comme nous venons de le montrer,
de nuancer l’interprétation des résultats.
Mesures
Des logiciels permettent de tracer les courbes de survie. Nous allons
en décrire sur des exemples simples pour bien en faire comprendre
le mécanisme, tout en sachant que la méthode couramment utilisée
aujourd’hui est celle de Kaplan-Meier.
La méthode directe
La « méthode directe » n’est rappelée qu’à titre historique. En effet,
elle ne prend en compte, dans les calculs, que les sujets pour lesquels le
recul est suffisant. Les autres sujets, ainsi que les sujets perdus de vue,
sont exclus de l’analyse.
Voici un exemple simple (tableau II). Si l’on veut évaluer le taux de
survie à deux ans d’un groupe de dix malades pour lequel le recul
pour deux malades est de moins de deux ans, ces derniers ne peuvent
être pris en compte dans le taux du calcul du taux de survie à deux
ans. Si, sur les huit autres malades, avec deux ans de recul, six sont
vivants et deux sont décédés, le taux de survie à deux ans est de 6/8,
soit 75 % (le calcul de l’intervalle de confiance à 95 % montre qu’il va
de 45 % à 100 % !).
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Tableau I – Les « perdus de vue ». Exemple de problèmes qu’ils posent.
Les données
Une étude avait porté sur les résultats d’une technique chirurgicale de traitement
de hernies inguinales. Elle avait inclus 280 malades opérés depuis plus de deux ans.
Il a été observé 14 récidives. Trente-quatre malades avaient été perdus de vue, six
malades étaient décédés dans les deux ans, de cause sans rapport avec l’intervention.
Commentaires
Les auteurs estimaient leur taux de récidives à 14/280, soit 5 % (il aurait été
souhaitable qu’ils indiquent aussi l’intervalle de confiance pour éviter d’avoir à le
calculer). En fait :
– Si le calcul du taux de récidive avait été fait chez les 240 opérés qui avaient deux ans
de recul, soit 14/240, on aurait trouvé 5,8 % de récidives.
– Mais, si tous les opérés perdus de vue ou décédés avaient fait une récidive, il y aurait
eu 14 + 40 récidives et le taux de récidives aurait alors été de 54/280, soit 19 %.
– Ce n’est que si les 40 opérés perdus de vue ou décédés n’avaient pas fait de récidive
à deux ans qu’il y aurait eu 14 récidives pour l’ensemble des 280 opérés, soit 5 %,
évaluation la plus optimiste qu’il soit possible de faire.
La présentation des résultats par les auteurs de ce travail avait, au moins, le mérite
d’indiquer avec précision le nombre de malades perdus de vue ou décédés avant la
date de point. Cela permet à un lecteur critique, comme nous venons de le montrer,
de nuancer l’interprétation des résultats.
Mesures
Des logiciels permettent de tracer les courbes de survie. Nous allons
en décrire sur des exemples simples pour bien en faire comprendre
le mécanisme, tout en sachant que la méthode couramment utilisée
aujourd’hui est celle de Kaplan-Meier.
La méthode directe
La « méthode directe » n’est rappelée qu’à titre historique. En effet,
elle ne prend en compte, dans les calculs, que les sujets pour lesquels le
recul est suffisant. Les autres sujets, ainsi que les sujets perdus de vue,
sont exclus de l’analyse.
Voici un exemple simple (tableau II). Si l’on veut évaluer le taux de
survie à deux ans d’un groupe de dix malades pour lequel le recul
pour deux malades est de moins de deux ans, ces derniers ne peuvent
être pris en compte dans le taux du calcul du taux de survie à deux
ans. Si, sur les huit autres malades, avec deux ans de recul, six sont
vivants et deux sont décédés, le taux de survie à deux ans est de 6/8,
soit 75 % (le calcul de l’intervalle de confiance à 95 % montre qu’il va
de 45 % à 100 % !).
