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Biostatistiques pour le clinicien
La date d’origine. Il s’agit de la date de l’entrée dans l’étude d’un sujet
comme la date de survenue d’un infarctus du myocarde ou d’une
intervention chirurgicale.
La date des dernières nouvelles. Il peut s’agir ou bien de la date à
laquelle le sujet a été vu la dernière fois ou bien de la date de la survenue de l’événement que l’on cherche à évaluer comme la date d’un
décès ou de l’apparition d’une récidive.
Le temps de participation à l’étude. Il s’agit du délai entre la date des
dernières nouvelles et la date d’origine.
La date de point. C’est la date à laquelle on fait le bilan des dernières
nouvelles pour l’ensemble de la population que l’on étudie. L’idéal est
que la date de point se confonde avec la date des dernières nouvelles
pour les sujets en vie (ou sans récidive).
Les « perdus de vue ». Ce sont des malades en vie (ou sans récidive)
lors de la date des dernières nouvelles si elle est inférieure à la date de
point. Cette définition de l’antériorité peut dépendre de l’histoire naturelle de ce que l’on cherche à évaluer sur l’échantillon qui est étudié. Par
exemple, lors d’une maladie grave dans laquelle la durée de survie est
habituellement limitée à quelques mois, un malade qui n’a pas été revu
dans le mois qui précède la date de point doit être considéré comme
perdu de vue. Au contraire, lors d’une affection moins grave, dans
laquelle le taux de survie à cinq ans est de l’ordre de 60 %, un malade
pourra n’être considéré comme perdu de vue que si l’intervalle entre la
date des dernières nouvelles et la date de point excède six mois.
Bien entendu, un des critères de qualité d’une étude est le faible pourcentage de perdus de vue. Sinon, des biais dans les résultats peuvent
s’introduire, les sujets perdus de vue ne se comportant pas forcément
comme les autres malades (tableau I). Compte tenu de la masse d’information dont on dispose, on peut recommander d’éviter de lire des
articles dans lesquels le pourcentage de perdus de vue n’est pas précisé
ou si ce pourcentage dépasse 10 %. Dans ce cas, il convient en effet
d’interpréter les résultats avec la plus grande prudence.
Les exclus-vivants ou exposés au risque. Ce sont des sujets qui ne
sont pas décédés au moment des dernières nouvelles (méthode de
Kaplan-Meier) ou dans le dernier intervalle allant jusqu’à la date des
dernières nouvelles (méthode actuarielle). Les exclus-vivants comportent les sujets perdus de vue et les sujets vivants à la date de point.
Même si leur temps de participation à l’étude est relativement bref,
ces sujets sont pris en compte car les résultats les concernant contribuent à l’acquisition de la connaissance. Ainsi, le fait de savoir qu’un
patient a vécu six mois ou un an sans récidive ni métastase de son
cancer apporte une information qui, bien que limitée, doit être prise
en compte.
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