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270 Biostatistiques pour le clinicien
d’affections dans la population. Par exemple, le formaldéhyde augmente le risque relatif de cancer du nasopharynx de 1,5 à 2. Ce produit
est utilisé dans de nombreux objets courants, mais il n’augmente le
risque de ce cancer qui ne s’observe qu’entre 2 et 5 cas/million d’habitants qu’à des niveaux importants d’exposition. La relation de causalité
qui a été montrée entre une exposition importante au formaldéhyde
et le cancer du nasopharynx ne justifie donc pas, en termes de fraction
du risque attribuable, des mesures de santé publique majeures dans la
population générale. En revanche, il est très important de réduire le
niveau d’exposition des travailleurs exposés à des niveaux élevés [7].
Imputabilité
Certaines maladies sont facilement imputables à une cause parce
qu’elles sont particulièrement graves, voire mortelles et qu’elles succèdent à brève échéance au risque : affection virale fulgurante, exposition à des polluants à très forte dose, etc. Mais la grande majorité
des maladies ont des causes multiples. Il devient alors très difficile,
voire impossible, de montrer qu’une maladie est imputable à un facteur déterminé. Cette impossibilité pose des questions sociétales,
notamment en matière d’indemnisation des personnes atteintes par
une maladie susceptible d’être favorisée par un facteur de risque
environnemental ou médicamenteux par exemple.
Références
1. Letrilliart L, Desenclos JC, Flahault A (1997) Risk factors for outbreak of acute
diarrhea in France: case-control study. Br Med J 315: 1645-9
2. Brachet R, Etienney I, Flahault A, et al. (1999) Gastro-entérites hivernales :
Calicivirus et Rotavirus ont été les deux familles de virus les plus fréquemment
identifiées. Le Quotidien du médecin
3. Spitzer WO, Suisssa S, Ernst P, et al. (1992) The use of E-antagonist and the risk
of death and near death from asthma. New Engl J Med 326: 501-6
4. Herbst AL, Ulfelder H, Poskanzer DC (1971) Adenocarcinoma of the vagin.
Associaition of maternal stilbestrol therapy with tumor appearance in young
women. N Engl J Med 284: 878-81
5. Huguier M (1976) Le tabac : risques calculables. Le Concours Médical 98:
7291-3
6. Hammond EL, Horn D (1958) Smoking and death rates. Report on forty-four
months of follow-up of 187 783 men. JAMA I. Total mortality 166: 1159-72
7. Flahault A, Spira A (2011) La situation de l’épidémiologie en France. Bull Acad
Natle Med (sous presse)
270 Biostatistiques pour le clinicien
d’affections dans la population. Par exemple, le formaldéhyde augmente le risque relatif de cancer du nasopharynx de 1,5 à 2. Ce produit
est utilisé dans de nombreux objets courants, mais il n’augmente le
risque de ce cancer qui ne s’observe qu’entre 2 et 5 cas/million d’habitants qu’à des niveaux importants d’exposition. La relation de causalité
qui a été montrée entre une exposition importante au formaldéhyde
et le cancer du nasopharynx ne justifie donc pas, en termes de fraction
du risque attribuable, des mesures de santé publique majeures dans la
population générale. En revanche, il est très important de réduire le
niveau d’exposition des travailleurs exposés à des niveaux élevés [7].
Imputabilité
Certaines maladies sont facilement imputables à une cause parce
qu’elles sont particulièrement graves, voire mortelles et qu’elles succèdent à brève échéance au risque : affection virale fulgurante, exposition à des polluants à très forte dose, etc. Mais la grande majorité
des maladies ont des causes multiples. Il devient alors très difficile,
voire impossible, de montrer qu’une maladie est imputable à un facteur déterminé. Cette impossibilité pose des questions sociétales,
notamment en matière d’indemnisation des personnes atteintes par
une maladie susceptible d’être favorisée par un facteur de risque
environnemental ou médicamenteux par exemple.
Références
1. Letrilliart L, Desenclos JC, Flahault A (1997) Risk factors for outbreak of acute
diarrhea in France: case-control study. Br Med J 315: 1645-9
2. Brachet R, Etienney I, Flahault A, et al. (1999) Gastro-entérites hivernales :
Calicivirus et Rotavirus ont été les deux familles de virus les plus fréquemment
identifiées. Le Quotidien du médecin
3. Spitzer WO, Suisssa S, Ernst P, et al. (1992) The use of E-antagonist and the risk
of death and near death from asthma. New Engl J Med 326: 501-6
4. Herbst AL, Ulfelder H, Poskanzer DC (1971) Adenocarcinoma of the vagin.
Associaition of maternal stilbestrol therapy with tumor appearance in young
women. N Engl J Med 284: 878-81
5. Huguier M (1976) Le tabac : risques calculables. Le Concours Médical 98:
7291-3
6. Hammond EL, Horn D (1958) Smoking and death rates. Report on forty-four
months of follow-up of 187 783 men. JAMA I. Total mortality 166: 1159-72
7. Flahault A, Spira A (2011) La situation de l’épidémiologie en France. Bull Acad
Natle Med (sous presse)
