L’ épidémiologie analytique 269
1. Le risque de maladie doit être statistiquement plus élevé lorsque
l’on est exposé au facteur de risque considéré que si l’on ne l’est pas.
2. Les études épidémiologiques doivent ensuite établir des associations
entre les facteurs d’exposition et le risque de survenue de maladie,
dont la force est estimée par le risque relatif.
3. Il convient encore que l’association soit confirmée dans plusieurs
études utilisant, de ce fait, des méthodes parfois un peu différentes les
unes des autres, portant sur des populations différentes.
4. Les relations entre l’intensité du facteur de risque, c’est-à-dire
la durée et la dose d’exposition (par exemple pour le tabagisme, le
nombre de paquets années), sont des arguments supplémentaires [5].
5. L’exposition au facteur de risque doit précéder la survenue de la
maladie.
6. Ajoutons enfin les arguments expérimentaux et la plausibilité
biologique.
Aucune de ces données ne peut, à elle seule, apporter une preuve indiscutable de causalité, mais aussi, aucune ne doit être considérée comme
un critère indispensable pour affirmer la causalité, sauf bien entendu
la temporalité qui est la séquence dans le temps : exposition – survenue de la maladie.
Risques relatifs et risques attribuables
Une difficulté supplémentaire en épidémiologie est que, même si
une relation causale existe entre un facteur de risque et la survenue
d’une maladie, toute survenue de la maladie ne sera pas due à ce
facteur, et toute exposition ne déclenchera pas la maladie. Les relations épidémiologiques sont avant tout de nature probabiliste. Chacun sait qu’un cancer du poumon peut se voir chez un malade qui n’a
jamais fumé, mais que le tabagisme augmente ce risque. Une étude
avait montré qu’entre 50 ans et 69 ans, le fumeur multipliait par 78 le
risque qu’il avait de mourir d’un cancer du poumon dans les quatre
années suivantes [6]. En termes de santé publique, il est important de
connaître l’impact du facteur de risque à l’échelle d’une population,
par exemple sous forme du nombre de cas attribuables à ce facteur.
La fraction du risque attribuable est fonction du risque relatif, mais
aussi de la proportion de sujets exposés au facteur de risque dans la
population. C’est ainsi qu’un facteur de risque peut entraîner un risque
relatif très élevé d’une maladie, mais seulement un très petit nombre
de cas si peu de personnes sont exposées à ce facteur de risque. Inversement, si un facteur de risque n’a qu’un faible pouvoir pathogène, mais
que ce facteur est très répandu, il pourra générer un grand nombre
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