L’ épidémiologie analytique 263
par un autre exemple [1]. Des médecins généralistes ont interrogé 500
de leurs malades ayant consulté au lendemain des fêtes de fin d’année 1995 pour une gastro-entérite. Trente pour cent de ces malades
avaient consommé des huîtres dans les dix jours qui avaient précédé
les symptômes. Il était donc tentant de penser que les huîtres étaient
responsables d’une grande partie de ces gastro-entérites. En réalité,
il était nécessaire, avant de tirer une telle conclusion avec les conséquences que cela aurait pu avoir en matière économique, notamment
pour les ostréiculteurs, d’observer un groupe de sujets similaires, mais
qui n’avaient pas eu de gastro-entérite. Cette étude a été réalisée par les
médecins du « réseau sentinelle ». Il s’est avéré que la consommation
d’huîtres chez les sujets témoins était la même que celle des malades
qui avaient eu une gastro-entérite. On ne pouvait donc probablement
pas incriminer de façon déterminante les huîtres, dans cette épidémie
hivernale de gastro-entérite. Le fait que 30 % des malades atteints de
gastro-entérite avaient consommé des huîtres s’expliquait par le fait,
qu’à cette période de l’année, beaucoup de Français mangent des
huîtres. Les résultats de cette enquête suggéraient alors de chercher
d’autres causes à l’origine des gastro-entérites qui avaient été observées.
De fait, en 1999, ce même réseau de médecins a permis d’identifier la
cause d’au moins la moitié des cas de gastro-entérites survenant lors
de ces épidémies hivernales. Il s’agissait de familles de virus entériques,
principalement de Calicivirus et de Rotavirus [2].
La mesure de la force d’association dans une étude cas-témoins est
l’odd ratio dont le calcul est indépendant de la fréquence de la maladie
(tableau I). En revanche, il n’est pas possible de calculer directement le
risque relatif qui, lui, dépend de la fréquence de la maladie.
Principaux avantages et inconvénients
Ces études cas-témoins ont l’avantage d’être relativement rapides à
réaliser, car elles ne nécessitent pas le suivi des personnes. Leur coût est
beaucoup moins élevé que celui des enquêtes prospectives (cohorte) ou
des essais thérapeutiques. Elles permettent d’explorer plusieurs hypothèses simultanément, notamment par des analyses multifactorielles
utilisant la régression logistique.
Elles ont cependant des inconvénients. Tout d’abord elles ne permettent pas de connaître l’incidence d’une maladie puisque le nombre
de cas et de témoins est fixé de manière arbitraire par l’investigateur. De plus, s’il est assez aisé de constituer un groupe de malades,
il est habituellement beaucoup plus difficile de trouver et de choisir
des sujets témoins appropriés. Enfin, de nombreux biais peuvent être
par un autre exemple [1]. Des médecins généralistes ont interrogé 500
de leurs malades ayant consulté au lendemain des fêtes de fin d’année 1995 pour une gastro-entérite. Trente pour cent de ces malades
avaient consommé des huîtres dans les dix jours qui avaient précédé
les symptômes. Il était donc tentant de penser que les huîtres étaient
responsables d’une grande partie de ces gastro-entérites. En réalité,
il était nécessaire, avant de tirer une telle conclusion avec les conséquences que cela aurait pu avoir en matière économique, notamment
pour les ostréiculteurs, d’observer un groupe de sujets similaires, mais
qui n’avaient pas eu de gastro-entérite. Cette étude a été réalisée par les
médecins du « réseau sentinelle ». Il s’est avéré que la consommation
d’huîtres chez les sujets témoins était la même que celle des malades
qui avaient eu une gastro-entérite. On ne pouvait donc probablement
pas incriminer de façon déterminante les huîtres, dans cette épidémie
hivernale de gastro-entérite. Le fait que 30 % des malades atteints de
gastro-entérite avaient consommé des huîtres s’expliquait par le fait,
qu’à cette période de l’année, beaucoup de Français mangent des
huîtres. Les résultats de cette enquête suggéraient alors de chercher
d’autres causes à l’origine des gastro-entérites qui avaient été observées.
De fait, en 1999, ce même réseau de médecins a permis d’identifier la
cause d’au moins la moitié des cas de gastro-entérites survenant lors
de ces épidémies hivernales. Il s’agissait de familles de virus entériques,
principalement de Calicivirus et de Rotavirus [2].
La mesure de la force d’association dans une étude cas-témoins est
l’odd ratio dont le calcul est indépendant de la fréquence de la maladie
(tableau I). En revanche, il n’est pas possible de calculer directement le
risque relatif qui, lui, dépend de la fréquence de la maladie.
Principaux avantages et inconvénients
Ces études cas-témoins ont l’avantage d’être relativement rapides à
réaliser, car elles ne nécessitent pas le suivi des personnes. Leur coût est
beaucoup moins élevé que celui des enquêtes prospectives (cohorte) ou
des essais thérapeutiques. Elles permettent d’explorer plusieurs hypothèses simultanément, notamment par des analyses multifactorielles
utilisant la régression logistique.
Elles ont cependant des inconvénients. Tout d’abord elles ne permettent pas de connaître l’incidence d’une maladie puisque le nombre
de cas et de témoins est fixé de manière arbitraire par l’investigateur. De plus, s’il est assez aisé de constituer un groupe de malades,
il est habituellement beaucoup plus difficile de trouver et de choisir
des sujets témoins appropriés. Enfin, de nombreux biais peuvent être
