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258 Biostatistiques pour le clinicien
la prévalence sur une période donnée. On parle alors de prévalence de
période.
En revanche, l’incidence est le nombre de nouveaux cas recensés pendant une période de temps donnée. Le taux d’incidence rapporte ce
nombre à la population à risque. Au sens démographique, c’est une
statistique qui mesure l’évolution de l’état d’une population dans un
intervalle de temps. Par exemple, en France, l’incidence annuelle des
cancers du côlon était de 40 500 cas, avec chez l’homme 40 nouveaux
cas pour 100 000 personnes et chez la femme de 25 pour 100 000 [1].
Le taux d’incidence peut être calculé en comptant la population à
risque sous forme de personnes années : on parle alors de densité d’incidence. Par exemple, si 1 000 personnes à risque sont suivies pendant
deux ans et que 28 sont devenues séro-positives au VIH, pendant cette
période, la densité d’incidence est de 1,4 pour 100 personnes années.
Prévalence et incidence sont deux notions complémentaires, comme
le sont la position et la vitesse. Par exemple en 1998, le taux d’incidence de l’infection à VIH en France baissait, probablement en partie
grâce aux mesures de prévention, tandis que la prévalence continuait
à augmenter en raison de la longue durée d’incubation de la maladie
et de l’effet des traitements qui prolongent la survie des malades. De
même, en 1977, la loi qui renforçait le numerus clausus des étudiants
en médecine en deuxième année allait réduire l’incidence du nombre
de médecins, tandis que la prévalence devait continuer à augmenter
jusqu’en 2003 environ.
Certaines études épidémiologiques descriptives reposent sur des
données recueillies en permanence grâce, notamment, aux registres
de morbidité (cancers, malformations congénitales, etc.) aux déclarations obligatoires de certaines maladies transmissibles ou d’effets
indésirables de médicaments ou sur des données spécifiques d’études
transversales. Ces dernières peuvent porter sur l’ensemble de la population ou sur un échantillon, au mieux représentatif de la population,
c’est-à-dire tiré au sort.
Ce peut être encore les données recueillies chaque jour par un réseau
de « médecins sentinelles » pour connaître en temps réel le niveau
épidémique et établir la cartographie de la grippe, des gastro-entérites
ou de tout autre maladie dans une population. En France, le réseau
des « médecins sentinelles » de l’INSERM représente environ 1 % des
médecins généralistes. Ils sont bénévoles et volontaires pour rapporter par voie téléinformatique à l’Institut national de la santé et de la
recherche médicale, selon des protocoles standardisés, les informations
qu’ils observent dans leur pratique quotidienne.
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