Michel Huguier et Pierre-Yves Boëlle, Biostatistiques pour le clinicien
ISBN : 978-2-8178-0463-7, © Springer-Verlag Paris 2013
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Les comparaisons thérapeutiques
ne reposant pas sur des essais randomisés
Le but de ce chapitre est de montrer tous les aléas, les erreurs de
jugement que nous venons d’évoquer et que les comparaisons thérapeutiques qui ne reposent pas sur les résultats d’essais randomisés
risquent d’entraîner et de faire commettre.
Les études non contrôlées
Le médecin avait et a encore l’habitude de fonder sa décision sur
l’enseignement qu’il a reçu, ses lectures ultérieures, son expérience, sa
formation permanente et sur les messages qui lui sont apportés par
les représentants des firmes pharmaceutiques. Il prescrit en conséquence le traitement qui lui paraît être le plus efficace, le mieux toléré,
et éventuellement – pas assez souvent –, le moins onéreux. De ce
dernier point de vue, l’absence de prescription médicamenteuse à la
suite d’une consultation médicale, fréquente dans certains pays industrialisés de très bon niveau médical, s’oppose à la pratique française
qui fait de la France le plus gros consommateur de médicaments au
monde après les États-Unis.
Ces comportements sont fondés sur la conviction du médecin, ce qui
est normal. Mais elle n’est pas toujours, loin s’en faut, fondée sur le
meilleur niveau de preuve scientifique existante. Même si la conviction
du médecin n’est pas dénuée d’intérêt, elle diffère d’une évaluation
scientifique.
En voici un exemple. Le traitement de l’ulcère gastro-duodénal par des
complexes ferrico-ferro-sodiques a longtemps été considéré comme
relativement efficace puisqu’il s’associait dans près de 50 % des cas
à une régression de la poussée ulcéreuse. Mais avec la pratique des
endoscopies gastro-duodénales dans des essais randomisés comparant les anti-H2 et un placebo, on s’est aperçu qu’environ 50 % des
malades qui recevaient le placebo guérissaient spontanément. Le taux
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