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188 Biostatistiques pour le clinicien
La seconde contrepartie d’augmenter le nombre d’examens complémentaires que l’on peut prescrire est, bien entendu, le coût. Même si
cela paraît marginal par rapport à l’objectif de cet ouvrage, on ne peut
pas ne pas rappeler à ce propos que leur prise en charge, en grande
partie, par l’assurance maladie contribue à son déséquilibre avec une
dette cumulée en 2006 qui s’élevait à 76 milliards et de 2009 à 2011, un
déficit annuel d’un peu plus de 10 milliards.
La troisième critique que l’on peut formuler à la multiplication des
examens complémentaires est qu’elle ne fait que refléter une absence
ou une insuffisance de réflexion médicale et qui motive les aphorismes
du tableau II. C’est, à nos yeux, la plus importante.
Tableau II – Aphorismes sur la multiplication
des examens complémentaires.
En France, en l’absence de référence médicale opposable, tout médecin peut prescrire
tous les examens biologiques, radiologiques, isotopiques possibles. Mais, seule la
réflexion aboutit à faire des choix qui limitent la demande à une prescription « à
bon escient ».
À l’hôpital, l’épaisseur et le poids d’un dossier médical ne sont pas toujours
proportionnels à la réflexion des médecins.
Des demandes raisonnées d’examens complémentaires
La demande raisonnée d’examens complémentaires constitue certainement une composante difficile et, de ce fait, intéressante de l’exercice médical. En effet, la demande d’un examen complémentaire dans
une démarche diagnostique doit s’intégrer dans une stratégie globale.
Celle-ci doit prendre en compte la valeur informationnelle de l’examen, telle qu’elle a été définie dans les chapitres précédents, les résultats comparés des examens entre eux, leurs contreparties en termes de
désagrégement ou même de risque pour le patient et de coût, le tout
sans perdre de vue une perspective décisionnelle. « Et quelle merveille
quand l’intelligence, ainsi armée et entraînée, se met à fonctionner enfin
comme un instinct ! [6] ».
La valeur informationnelle comparative
des examens complémentaires entre eux
Si l’on dispose de plusieurs examens complémentaires pour une
aide au diagnostic, ce qui est particulièrement le cas pour les examens
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