La démarche diagnostique, choix d’un examen, attitude décisionnelle 187
l’ordinateur. À ce titre, de tels systèmes ont une valeur pédagogique certaine. Ils peuvent aussi être utilisés de façon presque ludique en choisissant, parmi les différentes variables proposées, celle qui augmente le
plus la probabilité d’un diagnostic donné et inversement. Autrement
dit, il s’agit là d’une nouvelle façon d’apprendre la sémiologie.
Le choix d’un examen
Les examens complémentaires sont de plus en plus nombreux et
sophistiqués. Les progrès techniques en diminuent les désagréments et
les risques pour les patients. Aux angiographies qui nécessitaient jadis
des injections intra-artérielles et la montée de cathéters se sont substituées des techniques de scannographie ou de résonance magnétique
nucléaire qui ne demandent qu’une injection intraveineuse périphérique. La tentation est alors d’autant plus grande de prescrire facilement ces examens et de les utiliser de façon insuffisamment réfléchie.
Les demandes étaient parfois motivées par le prétexte du « dossier
complet », notion qui devait être démythifiée [1]. Aujourd’hui, ces
examens sont souvent demandés par les médecins pour se couvrir
dans la perspective d’une éventuelle plainte de malades dans l’esprit
d’un principe de précaution. Néanmoins, la multiplication du nombre
d’examens complémentaires que l’on peut demander est sujette à trois
principales critiques.
Les contreparties de multiplier les examens complémentaires
La première contrepartie est d’ordre statistique. Comme il a été
montré, à propos du risque de première espèce et des examens biologiques qui ont une distribution normale (cf. p. 98), plus on fait d’examens, plus on augmente le risque que l’un d’entre eux sorte des limites
de la normale alors même que le sujet est normal. Rappelons que, si
l’on prescrit six examens biologiques dont la distribution est normale
et qui sont indépendants entre eux, il y a une chance sur quatre que
l’un d’entre eux sorte des limites de la « normale ». Cela est vrai pour
les examens biologiques comme pour les examens morphologiques
avec des risques d’erreurs d’interprétation. Ainsi, il est loin d’être
exceptionnel en pratique hospitalière de voir demander un examen
radiologique, puis devant un résultat ambigu ou peu cohérent avec
le contexte clinique, en demander un autre, en général de type différent (scanner après une échographie par exemple) puis, si le résultat
du second n’est pas concordant avec celui du premier, un troisième
examen, etc.
l’ordinateur. À ce titre, de tels systèmes ont une valeur pédagogique certaine. Ils peuvent aussi être utilisés de façon presque ludique en choisissant, parmi les différentes variables proposées, celle qui augmente le
plus la probabilité d’un diagnostic donné et inversement. Autrement
dit, il s’agit là d’une nouvelle façon d’apprendre la sémiologie.
Le choix d’un examen
Les examens complémentaires sont de plus en plus nombreux et
sophistiqués. Les progrès techniques en diminuent les désagréments et
les risques pour les patients. Aux angiographies qui nécessitaient jadis
des injections intra-artérielles et la montée de cathéters se sont substituées des techniques de scannographie ou de résonance magnétique
nucléaire qui ne demandent qu’une injection intraveineuse périphérique. La tentation est alors d’autant plus grande de prescrire facilement ces examens et de les utiliser de façon insuffisamment réfléchie.
Les demandes étaient parfois motivées par le prétexte du « dossier
complet », notion qui devait être démythifiée [1]. Aujourd’hui, ces
examens sont souvent demandés par les médecins pour se couvrir
dans la perspective d’une éventuelle plainte de malades dans l’esprit
d’un principe de précaution. Néanmoins, la multiplication du nombre
d’examens complémentaires que l’on peut demander est sujette à trois
principales critiques.
Les contreparties de multiplier les examens complémentaires
La première contrepartie est d’ordre statistique. Comme il a été
montré, à propos du risque de première espèce et des examens biologiques qui ont une distribution normale (cf. p. 98), plus on fait d’examens, plus on augmente le risque que l’un d’entre eux sorte des limites
de la normale alors même que le sujet est normal. Rappelons que, si
l’on prescrit six examens biologiques dont la distribution est normale
et qui sont indépendants entre eux, il y a une chance sur quatre que
l’un d’entre eux sorte des limites de la « normale ». Cela est vrai pour
les examens biologiques comme pour les examens morphologiques
avec des risques d’erreurs d’interprétation. Ainsi, il est loin d’être
exceptionnel en pratique hospitalière de voir demander un examen
radiologique, puis devant un résultat ambigu ou peu cohérent avec
le contexte clinique, en demander un autre, en général de type différent (scanner après une échographie par exemple) puis, si le résultat
du second n’est pas concordant avec celui du premier, un troisième
examen, etc.
