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174 Biostatistiques pour le clinicien
Les courbes ROC
Le signe ou l’examen idéal serait celui qui aurait une sensibilité de
100 % et une spécificité de 100 % et donc des valeurs prédictives, elles
aussi, de 100 %. Malheureusement, il n’a pas encore été trouvé. En
pratique, il faut faire un compromis entre la sensibilité et la spécificité
qui varient en sens opposé. Si l’on privilégie la sensibilité d’un examen,
il sera souvent peu spécifique et réciproquement. Le melæna est très
spécifique d’une hémorragie digestive, mais il est peu sensible : des
hémorragies digestives peu abondantes n’entraînent pas de melæna.
Inversement, l’Hémocult® est plus sensible, pour dépister du sang
dans les selles, mais il est peu spécifique d’hémorragie digestive : un
petit saignement d’origine gingivale ou des facteurs alimentaires, par
exemple, peuvent rendre un Hémocult® positif.
Indices globaux
Pour essayer de concilier les termes de cette alternative, examen
sensible, mais peu spécifique ou spécifique, mais peu sensible, des
moyens prenant en compte à la fois la sensibilité et la spécificité ont
été proposés.
Ainsi, la « fiabilité » d’un examen estime la somme des « vrais positifs » et des « vrais négatifs » sur l’ensemble des cas étudiés (a + d)/N.
Un autre outil est le rapport de vraisemblance de l’examen. C’est le
rapport du pourcentage des « vrais positifs » chez les malades (a/a + c)
sur les « faux positifs » chez les sujets qui n’ont pas la maladie » (b/b + d).
Par exemple, un rapport de vraisemblance égal à quatre signifie que
l’examen est quatre fois plus souvent positif chez les malades que chez
ceux qui n’ont pas la maladie. Par analogie, il est encore possible de
mesurer le rapport de vraisemblance négatif qu’est le rapport du pourcentage des « faux négatifs » chez les malades c/(a + c) sur les « vrais
négatifs » chez les sujets qui n’ont pas la maladie » d/(b + d). Un rapport de 0,5 signifie que l’absence du signe est deux fois moins souvent
observée chez les malades que chez les sujets qui n’ont pas la maladie.
Les Receiver Operating Characteristics curves ou courbes ROC
Certains signes diagnostiques sont évalués par une mesure, par exemple
un dosage, et demandent la définition d’un seuil pour prendre une décision opérationnelle. Prenons l’exemple du dosage des transaminases chez
des personnes atteintes d’une hépatite et chez des sujets sains. La distribution du dosage dans l’un et dans l’autre groupe, en supposant leur
174 Biostatistiques pour le clinicien
Les courbes ROC
Le signe ou l’examen idéal serait celui qui aurait une sensibilité de
100 % et une spécificité de 100 % et donc des valeurs prédictives, elles
aussi, de 100 %. Malheureusement, il n’a pas encore été trouvé. En
pratique, il faut faire un compromis entre la sensibilité et la spécificité
qui varient en sens opposé. Si l’on privilégie la sensibilité d’un examen,
il sera souvent peu spécifique et réciproquement. Le melæna est très
spécifique d’une hémorragie digestive, mais il est peu sensible : des
hémorragies digestives peu abondantes n’entraînent pas de melæna.
Inversement, l’Hémocult® est plus sensible, pour dépister du sang
dans les selles, mais il est peu spécifique d’hémorragie digestive : un
petit saignement d’origine gingivale ou des facteurs alimentaires, par
exemple, peuvent rendre un Hémocult® positif.
Indices globaux
Pour essayer de concilier les termes de cette alternative, examen
sensible, mais peu spécifique ou spécifique, mais peu sensible, des
moyens prenant en compte à la fois la sensibilité et la spécificité ont
été proposés.
Ainsi, la « fiabilité » d’un examen estime la somme des « vrais positifs » et des « vrais négatifs » sur l’ensemble des cas étudiés (a + d)/N.
Un autre outil est le rapport de vraisemblance de l’examen. C’est le
rapport du pourcentage des « vrais positifs » chez les malades (a/a + c)
sur les « faux positifs » chez les sujets qui n’ont pas la maladie » (b/b + d).
Par exemple, un rapport de vraisemblance égal à quatre signifie que
l’examen est quatre fois plus souvent positif chez les malades que chez
ceux qui n’ont pas la maladie. Par analogie, il est encore possible de
mesurer le rapport de vraisemblance négatif qu’est le rapport du pourcentage des « faux négatifs » chez les malades c/(a + c) sur les « vrais
négatifs » chez les sujets qui n’ont pas la maladie » d/(b + d). Un rapport de 0,5 signifie que l’absence du signe est deux fois moins souvent
observée chez les malades que chez les sujets qui n’ont pas la maladie.
Les Receiver Operating Characteristics curves ou courbes ROC
Certains signes diagnostiques sont évalués par une mesure, par exemple
un dosage, et demandent la définition d’un seuil pour prendre une décision opérationnelle. Prenons l’exemple du dosage des transaminases chez
des personnes atteintes d’une hépatite et chez des sujets sains. La distribution du dosage dans l’un et dans l’autre groupe, en supposant leur
