Remarques sur la sensibilité, la spécifi cité, les valeurs prédictives. Les courbes ROC 175
distribution normale, peut être décrite par des courbes de Laplace-Gauss
(fig. 1). Il est habituel que ces deux courbes se superposent partiellement
avec un chevauchement entre les valeurs les plus élevées chez les nonmalades et les valeurs les plus basses chez les malades. Si l’on prend une
valeur seuil basse, 100 par exemple, il y aura des faux positifs, les sujets
sans hépatite qui ont un taux de transaminases supérieur à 100, et très
peu de faux négatifs : l’examen sera peu spécifique, mais très sensible. Si
l’on prend au contraire une valeur plus élevée, 300, il y aura très peu de
faux positifs, mais des faux négatifs représentés par les malades atteints
d’hépatite qui ont un taux de transaminases inférieur à 300 : l’examen
sera considéré comme très spécifique, mais peu sensible. On comprend
bien que lorsque l’on fait varier le curseur de la valeur seuil en deçà de
laquelle on considère que le résultat est normal et au-delà de laquelle
on le considère comme étant anormal ou pathologique, on fera varier
à chaque fois les valeurs estimées de la sensibilité et de la spécificité de
l’examen. C’est ce que permettent de quantifier les courbes ROC.
Fig. 1 – Résultats de la mesure d’une variable quantitative dans une population
comportant un sous-groupe de malades et un sous-groupe de non-malades.
1) La sensibilité et la spécificité dépendent de la valeur limite de la normale que
l’on a choisie. 2) Elles varient en sens opposé : lorsque la sensibilité augmente,
la spécificité diminue, et réciproquement.
Les courbes ROC ont été imaginées pendant la Seconde Guerre
mondiale par les Britanniques pour régler leurs radars. Le problème
était le suivant : les Allemands envoyaient, notamment sur Londres,
des missiles chargés d’explosifs, les V1, puis plus tard le V2. Les
radars anglais cherchaient à détecter ces missiles dès qu’ils survolaient
la Manche afin de les détruire en vol et de déclencher l’alerte pour
permettre aux Londoniens de descendre dans les abris. Le problème
du réglage des radars s’est alors posé. Si le réglage était trop sensible,
un albatros, voire un gros goéland, risquait de déclencher l’alerte. Mais
si le réglage était plus spécifique, il risquait d’être insuffisamment
sensible et des missiles pouvaient de ne pas être détectés. Des études de
sensibilité et de spécificité ont donc été menées pour chercher et pour
établir un seuil optimal de détection. C’est le but des courbes ROC.
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