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158 Biostatistiques pour le clinicien
valeurs très différentes des 8 % à 12 % observés dans différentes études
publiées. Il est alors facile de concevoir qu’un résultat spectaculaire,
obtenu à partir d’un échantillon pour lequel il existe un biais, soit
attractif pour les médias qui se préoccupent assez peu de la rigueur
scientifique avec laquelle les résultats ont été obtenus. Un exemple
caricatural est l’alarme récurrente entre la pollution atmosphérique
qui serait responsable directement ou indirectement de milliers de
décès en France. Si ce risque attribuable était estimé à partir du risque
relatif, il conviendrait d’être certain que les études qui ont estimé ce
risque relatif de l’association pollution athmosphérique-décès ont
tenu compte de nombreux facteurs de confusion : tabagisme, âge,
profession, etc.
La causalité
Le problème essentiel de l’épidémiologiste est de déterminer si
une différence estimée entre exposés et non exposés n’est qu’une
association non causale ou bien s’il existe un effet causal. Cette
notion de causalité est de nature probabiliste. Tous les malades qui
ont un mésothéliome pleural n’ont pas été en contact avec l’amiante
et toutes les personnes ayant été en contact avec l’amiante n’auront
pas de mésothéliome. En revanche, en moyenne, une personne en
contact avec l’amiante a plus de risque d’avoir un mésothéliome.
L’interprétation des faits est souvent plus compliquée encore. Par
exemple, on observe que la consommation d’alcool est plus élevée
chez les fumeurs que chez les non-fumeurs, ce qui pourra entraîner
une plus forte incidence des cancers du poumon chez les alcooliques
(association non causale) alors que c’est le tabac qui en est responsable (association causale).
Pour prouver qu’un facteur de risque est non seulement associé à la
survenue d’une maladie, mais encore responsable, une accumulation
d’arguments est nécessaire [3]. La causalité ne peut pas être établie
simplement sur des critères statistiques. Notamment, on a vu l’existence de facteurs de confusion. Ceux-ci sont des obstacles à l’interprétation causale. Le problème est que l’on n’est jamais certain d’avoir
observé tous les facteurs de confusion possibles.
Pour les médicaments mis sur le marché, l’alerte au départ peut être
donnée par les médecins et les pharmaciens, et depuis juin 2011, par
les patients soit à la Commission nationale de pharmacovigilance,
soit à la base européenne qui centralise les informations de tous les
pays membres. L’expérience de la vaccination contre la grippe H5N1
dans laquelle cette possibilité a été ouverte aux patients a montré
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