La causalité 159
que, sur le total des effets indésirables signalés, 20 % l’avaient été
par eux. En pratique, c’est d’abord un Comité technique de pharmacovigilance qui examine, juge les effets indésirables qui ont été
signalés avant d’émettre un avis, lui-même transmis à la Commission. Ensuite, un traitement biostatistique, épidémiologique est, au
minimum, nécessaire. Cependant, les notifications spontanées ne
permettent que rarement une collecte exhaustive de l’ensemble des
cas survenus en raison d’une sous-notification habituelle des effets
indésirables. D’autres méthodes sont souvent nécessaires : suivis de
cohorte, études de cas-témoins, etc. Elles demandent parfois de longues durées d’observation et sont onéreuses. Ce type d’études a ainsi
montré qu’il existait une relation entre la prise de certains médicaments comme les benzodiazépines, les antidépresseurs ou les dérivés
nitrés et la survenue de chutes.
De façon plus générale, la détermination d’une causalité implique :
– de montrer que le risque de maladie est plus élevé lorsque l’on est
exposé au facteur de risque considéré qu’en cas contraire. C’est un
des objectifs des études épidémiologiques. Comme nous l’avons vu,
la force de ces associations est estimée par des mesures statistiques,
dont le risque relatif (cf. p. 128). Par exemple, le Centre international
de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’Organisation mondiale de la santé, est chargé de dresser la liste des agents qui peuvent
être considérés comme cancérogènes pour l’homme.
– D’autres arguments sont la stabilité de l’association dans des
recherches différentes, autrement dit, à partir d’associations déjà
observées, leur validation sur des populations différentes.
– L’existence d’une relation dose-réponse, c’est-à-dire l’observation
que, plus le facteur de risque est important en dose et/ou en durée,
plus le risque augmente.
– Bien entendu, l’exposition doit précéder l’apparition de la maladie.
– Il peut s’y ajouter des apports de plausibilité biologique, physiopathologique et des arguments expérimentaux.
Néanmoins, tous ces arguments ne doivent pas être nécessairement
présents. Par exemple, l’allergie n’est pas dose-dépendante et sa
reproductibilité n’est pas constante. En définitive, aucun de ces arguments ne peut apporter une preuve indiscutable de la causalité et
aucun ne doit être considéré comme un critère indispensable pour
affirmer la causalité. Cela explique que le cheminement soit long
pour accumuler les observations qui permettent de déterminer une
forte probabilité de causalité entre un facteur de risque et l’apparition d’une maladie.
que, sur le total des effets indésirables signalés, 20 % l’avaient été
par eux. En pratique, c’est d’abord un Comité technique de pharmacovigilance qui examine, juge les effets indésirables qui ont été
signalés avant d’émettre un avis, lui-même transmis à la Commission. Ensuite, un traitement biostatistique, épidémiologique est, au
minimum, nécessaire. Cependant, les notifications spontanées ne
permettent que rarement une collecte exhaustive de l’ensemble des
cas survenus en raison d’une sous-notification habituelle des effets
indésirables. D’autres méthodes sont souvent nécessaires : suivis de
cohorte, études de cas-témoins, etc. Elles demandent parfois de longues durées d’observation et sont onéreuses. Ce type d’études a ainsi
montré qu’il existait une relation entre la prise de certains médicaments comme les benzodiazépines, les antidépresseurs ou les dérivés
nitrés et la survenue de chutes.
De façon plus générale, la détermination d’une causalité implique :
– de montrer que le risque de maladie est plus élevé lorsque l’on est
exposé au facteur de risque considéré qu’en cas contraire. C’est un
des objectifs des études épidémiologiques. Comme nous l’avons vu,
la force de ces associations est estimée par des mesures statistiques,
dont le risque relatif (cf. p. 128). Par exemple, le Centre international
de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’Organisation mondiale de la santé, est chargé de dresser la liste des agents qui peuvent
être considérés comme cancérogènes pour l’homme.
– D’autres arguments sont la stabilité de l’association dans des
recherches différentes, autrement dit, à partir d’associations déjà
observées, leur validation sur des populations différentes.
– L’existence d’une relation dose-réponse, c’est-à-dire l’observation
que, plus le facteur de risque est important en dose et/ou en durée,
plus le risque augmente.
– Bien entendu, l’exposition doit précéder l’apparition de la maladie.
– Il peut s’y ajouter des apports de plausibilité biologique, physiopathologique et des arguments expérimentaux.
Néanmoins, tous ces arguments ne doivent pas être nécessairement
présents. Par exemple, l’allergie n’est pas dose-dépendante et sa
reproductibilité n’est pas constante. En définitive, aucun de ces arguments ne peut apporter une preuve indiscutable de la causalité et
aucun ne doit être considéré comme un critère indispensable pour
affirmer la causalité. Cela explique que le cheminement soit long
pour accumuler les observations qui permettent de déterminer une
forte probabilité de causalité entre un facteur de risque et l’apparition d’une maladie.
