6
Biostatistiques pour le clinicien
est aisé, même pour un lecteur un peu entraîné, de reconnaître facilement les travaux dans lesquels ces définitions sont précises et claires.
Dans le cas contraire, il s’agit de travaux qui sont habituellement mal
conçus dès le départ. De ce fait, ils n’ont guère de chances d’apporter
des informations utiles. Il est alors conseillé, sans grand risque, d’en
arrêter la lecture.
Ensuite, « dans les sciences expérimentales, la mesure des phénomènes
est un point fondamental », écrivait Claude Bernard [1]. De façon
générale, l’évaluation biologique doit être aussi précise que possible.
Elle se fait par l’appréciation de variables dont les valeurs observées
dépendent de l’échantillon que l’on a constitué. Pour cette raison,
ces variables sont dites aléatoires. Les variables se différencient des
constantes dont une des plus connues est le nombre π = 3,14116…
pour calculer la circonférence d’un cercle à partir de la valeur de son
rayon. Rappelons aussi, en art, le nombre d’or ) qui est égal à 1,618.
C’est un rapport entre largeur et hauteur, baptisé « divine proportion »
que l’on trouve dans des temples grecs anciens, ou dans le dessein de
l’homme de Vitruve par Léonard de Vinci, celui qui est inscrit dans un
cercle et un carré.
On peut distinguer les variables selon des caractéristiques qui ne sont
pas exclusives, mais qui appelleront des traitements ou des interprétations appropriées (tableau II).
Tableau II – Les caractéristiques des variables.
Les variables qualitatives et quantitatives
– Les variables qualitatives (ou catégorielles) sont des variables qui sont appréciées
selon qu’elles sont présentes ou absentes, par exemple, l’existence ou non d’une
récidive dans une maladie ; ou qui correspondent à une caractéristique non
quantitative de l’individu, par exemple, le département de résidence ou le pays de
naissance.
– Les variables quantitatives (ou numériques) sont des variables dont les valeurs sont
appréciées sous une forme numérique ; par exemple, la taille en centimètres, le poids
en grammes, la glycémie en millimoles.
Les variables objectives et subjectives
– Les variables objectives sont mesurables directement comme les variables qualitatives
et quantitatives.
– Les variables subjectives n’ont pas de référentiel absolu partagé pour toutes les
observations. Ce sont, par exemple, une douleur ou encore la qualité de vie.
Les variables observées et censurées
– Les variables observées sont celles dont la valeur est connue par l’observation.
– Les variables censurées sont des variables pour lesquelles on n’observe pas exactement la valeur. Ce sont surtout des variables dont l’observation renvoie au temps,
par exemple, la survie ou la survenue d’une récidive de maladie. Mais cela peut être
également des dosages lorsque la valeur est inférieure au seuil de détection.
Précédent

- 16/288

Suivant