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Principes de sécurité du système d’information
Première partie
L’attaque par interposition (Man in the middle)
Le meilleur chiffrement du monde ne peut pas empêcher qu’un agent mal intentionné, disons Charles, se soit fait passer pour Franz, ait intercepté les communications d’Anne, et lui ait présenté sa clé publique comme étant celle de Franz :
ainsi Charles pourra facilement déchiffrer les messages d’Anne avec sa propre clé
privée, les lire, puis les re-chiffrer avec la vraie clé publique de Franz et les faire
parvenir à ce dernier. Ce type d’attaque, appelé Man in the middle (par interposition), est difficile à déjouer une fois que Charles a réussi à s’introduire dans le
circuit de communication ; elle peut être tentée contre RSA et aussi contre l’algorithme de Diffie-Hellman, qui sera décrit à la page 75 et sur lequel reposent
souvent les procédures d’échange de clés.
Pour éviter le coût en termes de temps de calcul du chiffrement asymétrique, tout
en bénéficiant de la sécurité qu’il procure, certains protocoles utilisent le procédé
suivant : l’algorithme (asymétrique) de Diffie-Hellman (dont nous verrons par
quel procédé (génial) il permet d’échanger de façon sûre des clés de chiffrement
symétrique classique), n’est utilisé qu’une fois, pour échanger des clés de chiffrement symétrique, qui peuvent alors être utilisées en confiance. Mais cela n’élimine
pas le risque lié à l’attaque par interposition.
En fait nous sommes ramenés au sempiternel problème dont nous nous croyions
débarrassés : comment établir une relation de confiance entre Anne et Franz, comment échanger des clés dignes de foi. Mais nous avons quand même accompli un
progrès : cet échange de clés doit être certifié, mais il peut se faire au grand jour
puisque les clés sont désormais publiques. Afin d’interdire les identités d’emprunt,
donc l’interposition (Man in the middle), les clés publiques doivent être signées par
une autorité supérieure, ce qui donne naissance à la notion d’infrastructure de gestion de clés, ou IGC (PKI en anglais), voir plus loin page 176.
Vulnérabilité des cryptosystèmes
L’importance économique et sociale des systèmes de chiffrement incite à se poser
la question de leur vulnérabilité : méritent-ils la confiance que nous plaçons en
eux ?
Récemment des articles ont exhibé des collisions avec l’algorithme SHA-1, ce
qui prend en défaut les propriétés énoncées à la page 47 [117] [118] [107]. Avant les
travaux de Mesdames Xiaoyun Wang et Yiqun Lisa Yin, une attaque par collision
Principes de sécurité du système d’information
Première partie
L’attaque par interposition (Man in the middle)
Le meilleur chiffrement du monde ne peut pas empêcher qu’un agent mal intentionné, disons Charles, se soit fait passer pour Franz, ait intercepté les communications d’Anne, et lui ait présenté sa clé publique comme étant celle de Franz :
ainsi Charles pourra facilement déchiffrer les messages d’Anne avec sa propre clé
privée, les lire, puis les re-chiffrer avec la vraie clé publique de Franz et les faire
parvenir à ce dernier. Ce type d’attaque, appelé Man in the middle (par interposition), est difficile à déjouer une fois que Charles a réussi à s’introduire dans le
circuit de communication ; elle peut être tentée contre RSA et aussi contre l’algorithme de Diffie-Hellman, qui sera décrit à la page 75 et sur lequel reposent
souvent les procédures d’échange de clés.
Pour éviter le coût en termes de temps de calcul du chiffrement asymétrique, tout
en bénéficiant de la sécurité qu’il procure, certains protocoles utilisent le procédé
suivant : l’algorithme (asymétrique) de Diffie-Hellman (dont nous verrons par
quel procédé (génial) il permet d’échanger de façon sûre des clés de chiffrement
symétrique classique), n’est utilisé qu’une fois, pour échanger des clés de chiffrement symétrique, qui peuvent alors être utilisées en confiance. Mais cela n’élimine
pas le risque lié à l’attaque par interposition.
En fait nous sommes ramenés au sempiternel problème dont nous nous croyions
débarrassés : comment établir une relation de confiance entre Anne et Franz, comment échanger des clés dignes de foi. Mais nous avons quand même accompli un
progrès : cet échange de clés doit être certifié, mais il peut se faire au grand jour
puisque les clés sont désormais publiques. Afin d’interdire les identités d’emprunt,
donc l’interposition (Man in the middle), les clés publiques doivent être signées par
une autorité supérieure, ce qui donne naissance à la notion d’infrastructure de gestion de clés, ou IGC (PKI en anglais), voir plus loin page 176.
Vulnérabilité des cryptosystèmes
L’importance économique et sociale des systèmes de chiffrement incite à se poser
la question de leur vulnérabilité : méritent-ils la confiance que nous plaçons en
eux ?
Récemment des articles ont exhibé des collisions avec l’algorithme SHA-1, ce
qui prend en défaut les propriétés énoncées à la page 47 [117] [118] [107]. Avant les
travaux de Mesdames Xiaoyun Wang et Yiqun Lisa Yin, une attaque par collision
