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Les différents volets de la protection du SI
Chapitre 2
contre SHA-1 demandait 2 80 opérations ; elles ont fait descendre ce nombre à
2 63 , ce qui reste considérable, et demanderait sans doute, pour être réalisé dans
un délai compatible avec un objectif opérationnel, un calcul distribué à l’échelle
planétaire. L’algorithme sera sans doute néanmoins renforcé.
Cet épisode illustre l’éternelle course aux armements entre les attaquants et les
défenseurs, qui avait déjà lieu entre les fabricants d’épées et les fabricants de boucliers. Mais il suggère aussi que les vraies attaques criminelles n’empruntent pas la
voie difficile du cassage de protocole, qui intéresse surtout (de façon bien légitime)
les chercheurs en cryptographie. Les pirates recherchent les failles de réalisation,
donc souvent de programmation, qui sont hélas assez courantes et d’une exploitation bien plus facile.
Le mirage de la biométrie
Il est des sujets que la presse grand public fait ressurgir périodiquement lorsqu’elle est
à court de copie : cela s’appelle des marronniers. Parmi les marronniers informatiques
figurent en tête les prétentions de l’« intelligence artificielle », avec au premier rang la
traduction automatique et la reconnaissance vocale. Ces valeurs sûres ont été rejointes
depuis quelques années par la biométrie, qui serait la panacée destinée à résoudre tous
les problèmes de contrôle d’accès au SI. Et depuis que les passeports des États-Unis
comportent des données biométriques, cette idée semble aller de soi.
Or cette idée est très discutable, sinon fausse, parce qu’elle repose sur une confusion entre
identification et authentification. Pour reprendre les définitions de l’article de Philippe
Wolf [124], « s’identifier, c’est communiquer son identité, s’authentifier, c’est apporter la
preuve de son identité. » Les procédés biométriques sont mieux adaptés à l’identification
qu’à l’authentification, pour les raisons exposées dans l’article cité ci-dessus, qui retrace
ainsi le processus que pourrait suivre une authentification par de tels procédés :
Phase 1 présentation de la donnée biométrique par la personne à authentifier ;
Phase 2 acquisition de cette donnée par un lecteur biométrique ;
Phase 3 traitement de cette donnée par un dispositif électronique qui la transforme en
une information numérique, sous forme d’un fichier ; ce codage peut faire appel
à des techniques cryptographiques ;
Phase 4 comparaison de ce fichier caractérisant la personne à authentifier avec une
donnée de référence (quand la personne s’est identifiée au préalable) ou avec
des données préstockées de références (représentant l’ensemble des personnes
que l’on souhaite authentifier) ;
Phase 5 décision, à partir de la comparaison effectuée en phase 4, d’authentifier ou non
la personne grâce à une fonction mathématique ou statistique (on retrouve la
définition initiale de la biométrie). Ici, la décision binaire (réponse par oui ou
par non) est propagée (de manière sûre de préférence) au dispositif informatique
demandant l’authentification.
Les différents volets de la protection du SI
Chapitre 2
contre SHA-1 demandait 2 80 opérations ; elles ont fait descendre ce nombre à
2 63 , ce qui reste considérable, et demanderait sans doute, pour être réalisé dans
un délai compatible avec un objectif opérationnel, un calcul distribué à l’échelle
planétaire. L’algorithme sera sans doute néanmoins renforcé.
Cet épisode illustre l’éternelle course aux armements entre les attaquants et les
défenseurs, qui avait déjà lieu entre les fabricants d’épées et les fabricants de boucliers. Mais il suggère aussi que les vraies attaques criminelles n’empruntent pas la
voie difficile du cassage de protocole, qui intéresse surtout (de façon bien légitime)
les chercheurs en cryptographie. Les pirates recherchent les failles de réalisation,
donc souvent de programmation, qui sont hélas assez courantes et d’une exploitation bien plus facile.
Le mirage de la biométrie
Il est des sujets que la presse grand public fait ressurgir périodiquement lorsqu’elle est
à court de copie : cela s’appelle des marronniers. Parmi les marronniers informatiques
figurent en tête les prétentions de l’« intelligence artificielle », avec au premier rang la
traduction automatique et la reconnaissance vocale. Ces valeurs sûres ont été rejointes
depuis quelques années par la biométrie, qui serait la panacée destinée à résoudre tous
les problèmes de contrôle d’accès au SI. Et depuis que les passeports des États-Unis
comportent des données biométriques, cette idée semble aller de soi.
Or cette idée est très discutable, sinon fausse, parce qu’elle repose sur une confusion entre
identification et authentification. Pour reprendre les définitions de l’article de Philippe
Wolf [124], « s’identifier, c’est communiquer son identité, s’authentifier, c’est apporter la
preuve de son identité. » Les procédés biométriques sont mieux adaptés à l’identification
qu’à l’authentification, pour les raisons exposées dans l’article cité ci-dessus, qui retrace
ainsi le processus que pourrait suivre une authentification par de tels procédés :
Phase 1 présentation de la donnée biométrique par la personne à authentifier ;
Phase 2 acquisition de cette donnée par un lecteur biométrique ;
Phase 3 traitement de cette donnée par un dispositif électronique qui la transforme en
une information numérique, sous forme d’un fichier ; ce codage peut faire appel
à des techniques cryptographiques ;
Phase 4 comparaison de ce fichier caractérisant la personne à authentifier avec une
donnée de référence (quand la personne s’est identifiée au préalable) ou avec
des données préstockées de références (représentant l’ensemble des personnes
que l’on souhaite authentifier) ;
Phase 5 décision, à partir de la comparaison effectuée en phase 4, d’authentifier ou non
la personne grâce à une fonction mathématique ou statistique (on retrouve la
définition initiale de la biométrie). Ici, la décision binaire (réponse par oui ou
par non) est propagée (de manière sûre de préférence) au dispositif informatique
demandant l’authentification.
