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le souffle de la Terre
Dans la plupart des cas, elle s'apparente à une sorte
de viol, car l'aura révèle des choses cachées. On peut
vouloir donner de soi une image positive, franche et pour
tout dire, idéalisée. Mais si l'on souhaite photographier
son aura, l'on n'aura garde d'oublier la règle fondamentale du Tao : le yin est toujours présent dans le yang.
Voici un exemple vécu qui m'a fait comprendre que je
ne pouvais pas divulguer ces images. L'une de mes relations de l'époque, directeur d'une école d'enfants et particulièrement versé dans les recherches ésotériques vint
me solliciter, car il avait très envie de voir ses dégagements auriques. Après la prise de vue et les travaux qui
s'ensuivirent, j'eus la surprise de voir apparaître sur
l'image une aura décalée, de couleurs tristes et bordée
d'une sinistre bande zébrée de noir.
Je pris le prétexte que j'avais eu un souci au développement du film et qu'il faudrait recommencer la prise
de vue plus tard. Une rapide enquête dans son environnement m'apprit que ce digne maître s'adonnait plus que
raison à la dive bouteille. Ce qu'il avait réussi à cacher
à la bonne société était parfaitement visible sur mon
cliché. Avais-je le droit de le montrer? J'ai décidé que
non, et c'est la raison pour laquelle je n'ai plus jamais
photographié l'aura de qui que ce soit.
Il existe une autre perception de l'aura qui peut se faire
plus simplement en utilisant son troisième œil ou son
regard second. Dans ce cas, il n'est pas besoin de décoder
les couleurs ou, plus exactement, leurs impressions. Car
la codification expresse du genre «je perçois telle couleur, et donc j'ai affaire à tel type de personne» m'a toujours laissé songeur.
L'avantage du film photographique sur ces approches
ô combien sensitives est à mon sens de manquer d'états
d'âme et de pouvoir répéter indéfiniment les mêmes
résultats quand on emploie toujours la même technique
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